L’optimisme de la volonté !

Edito du journal interpro avril 2023

Dans son dernier communiqué, l’intersyndicale nationale faisait appel « à la sagesse du conseil constitutionnel ». Elle a désormais sa réponse…

Quant au Référendum d’Initiative Partagé (RIP), qui par nature ne se situe pas sur le terrain du syndicalisme indépendant, il risque d’être à la démocratie ce qu’est la musique militaire à la musique.

Pour notre part, nous ne comptons que sur la sagesse des travailleuses et travailleurs qui savent que leur avenir leur appartient et qu’il faut se battre encore et toujours pour construire des jours heureux.

 

Comme toujours dans l’histoire sociale, avec des moments plus ou moins forts, deux mondes se font face. Cela s’appelle LA LUTTE DE CLASSE. D’un côté les milliardaires qui prospèrent comme jamais, de l’autre ceux qui galèrent pour remplir le frigo ! Selon un tout récent sondage IFOP, 4 français sur 10 sautent un repas par jour pour raison financière !

Évidemment les gens d’en face essayent de nous faire taire par tous les moyens, y compris les plus liberticides. Ainsi les propos de Darmanin concernant la Ligue des Droits de l’Homme en disent long sur la dérive particulièrement grave du pouvoir Macroniste.

De même, le projet de loi déposé par les « dépotés » du président, comme le disait Émile Pouget, visant à interdire le droit de grève dans les transports certains jours, sous peine de 2 ans de prison, est le signe à la fois de l’extrême fébrilité du pouvoir mais aussi de sa dangerosité.

La bagarre est rude, épuisante, à la hauteur des enjeux : la justice sociale ! Jamais nous ne nous résoudrons à supporter l’insupportable.

 

Je salue l’extraordinaire courage des militantes et militants de notre Union Départementale mobilisés depuis le 10 janvier dernier où l’UD avait appelé au premier rassemblement contre la retraite des morts.

Ensemble, plus unis que jamais, nous gardons l’optimisme de la volonté !

Vive la lutte, vive la vie, vive la sociale !
Vive la cgt Force-Ouvrière !

Rennes, le 17 avril 2023

Fabrice LERESTIF
Secrétaire Général de l’UD FO 35

Ils veulent privatiser l’École !

Le mardi 11 avril, une nouvelle loi intitulée « pour l’école de la liberté, de l’égalité des chances et de la laïcité » a été étudiée par le Sénat.

 

Ce projet de loi concentre en 12 articles les attaques contre le Statut et l’École publique voulues par le président Macron et ses alliés.

 

En bref :
– Création d’écoles et d’établissements publics autonomes, sous contrat avec l’État, gérés à la manière des établissements privés
– Évaluation des enseignants par le directeur qui serait doté d’une autorité hiérarchique
– Choix des enseignants par le chef d’établissement
– Possibilité de recrutement par contrat direct entre le chef d’établissement et l’enseignant
– Possible dérogation aux obligations réglementaires de service et à la répartition horaire des enseignements
– Séparation de la formation des enseignants du 1er et 2nd degré
– Instauration de la bivalence au collège et au lycée
– Renforcement des jardins d’enfants
– Interdiction de signes religieux pour les parents qui accompagnent les sorties
– Port obligatoire de l’uniforme…

Ainsi, en pleine mobilisation contre la réforme Macron-Borne des retraites, alors que le ministre effectue ses annonces sur les salaires en feignant de ne pas voir le rejet de son « Pacte » par la totalité des organisations syndicales, alors que les personnels refusent et se mobilisent contre les suppressions de postes programmées qui ont des conséquences dramatiques sur les conditions de travail, le gouvernement et ses alliés multiplient les provocations !

Dans le même temps, le Haut Conseil des finances publiques rend un avis le 4 avril 2023 sur le projet de loi de programmation militaire (PLPM). Le Haut Conseil explique que « le PLPM, conjointement aux lois de programmation déjà votées, contraint les autres dépenses du budget de l’État. Celles-ci devraient ainsi baisser en volume pour respecter la trajectoire du projet de loi de programmation… »

En clair, pour financer les augmentations de budgets militaires (+ 30 %), il convient de s’en prendre aux retraites et aux autres budgets de l’État, à commencer par celui de l’École.

 

Ce projet de loi présenté au Sénat s’inscrit pleinement dans cette perspective : s’en prendre au Statut des personnels et à l’École publique, développer la contractualisation, augmenter la charge de travail des personnels en les mettant sous pression hiérarchique permanente… Le tout pour réduire le coût du travail et faire des économies d’échelle.

La FNEC FP-FO refuse de voir l’École publique ainsi bradée au détour d’une loi initiée par le Sénat, tout comme elle refuse la contre-réforme des retraites, le « Pacte » Ndiaye, les suppressions de postes…

 

Le président Macron et le gouvernement cherchent par tous les moyens à tourner la page des retraites. L’École publique est dans leur viseur. Mais ils sont plus que jamais fragilisés. Raison de plus pour poursuivre la mobilisation !

 

Inclusion scolaire : le ministre maintient le cap… de destruction de l’enseignement et des structures spécialisés !

La FNEC FP-FO a été reçue en audience à sa demande ce vendredi 24 mars par le Conseiller école inclusive du ministre sur le dossier de l’inclusion scolaire.

 

En quelques jours, des centaines de témoignages de situations intenables et inacceptables ont été adressés à la FNEC FP-FO par les syndicats départementaux.

La délégation s’est faite l’écho de la catastrophe en cours dans de nombreuses établissements scolaires du fait de l’inclusion scolaire systématique : mises en danger d’élèves, de personnels avec explosion du nombre de fiche SST, d’accidents de service, de burn-out, manque de postes et de places dans les structures et établissements spécialisés, transformation des enseignants spécialisés et personnels médico-sociaux en coachs dans le cadre de la politique d’évaluation-culpabilisation… STOP, la coupe est pleine !

Son conseiller nous a assuré que le « ministre avait conscience de la situation » et qu’il fallait donc trouver des réponses à la situation avec l’objectif que l’école inclusive se passe le mieux possible pour tout le monde (élèves, adultes, encadrants…)

Va-t-il enfin intervenir pour que soient réouvertes les places en IME, ITPE ? Va-t-il attribuer les moyens pour réabonder les RASED ? Va-t-il revenir sur la politique de culpabilisation des collègues ? Va-t-il prendre la mesure de la catastrophe en cours ?

 

Dans le contexte actuel de mobilisation contre la réforme des retraites, il n’a pas été aisé de connaître les intentions ministérielles.

L’acte 2 de l’école inclusive…

Le ministère a confirmé que le président Macron annoncera les grandes orientations notamment pour l’école inclusive lors de la Conférence Nationale du Handicap du printemps. Orientations qui seront déclinées dans les instances ministérielles dont le Comité National de Suivi de l’Ecole Inclusive, c’est le fameux Acte 2 de l’école inclusive.

La FNEC FP-FO a fait part de ses inquiétudes suite à la publication rapport d’inspecteurs généraux des finances et d’Inspecteurs généraux de l’EN d’avril 2022 sur l’école inclusive qui préconise de sortir du « tout aide humaine », et de « former les enseignants », on l’a compris, afin de pallier le manque d’AESH et de soins.

La FNEC FP-FO a demandé l’abandon de ce rapport et rappelé qu’il était hors de question de substituer des réponses pédagogiques aux soins auxquels peuvent prétendre les élèves !

 

Le médico-social dissous dans les établissements scolaires ?

Alors que des milliers de places manquent dans les établissements médico-sociaux, le conseiller du ministre explique qu’il faut travailler sur une rapidité d’intervention avant que les situations ne se dégradent en envisageant la présence de personnels médico-sociaux dans les établissements scolaires. Il s’agit en fait d’accélérer ce qui se fait actuellement, c’est-à-dire, conformément à la loi Blanquer, continuer de dissoudre dans les PIAL les établissements médico-sociaux dans les équipes mobiles censées coacher les personnels confrontés à des situations intenables ! Il faudrait plus de ressources, plus d’appui aux équipes, plus d’aide.

Plutôt qu’ouvrir les places pour que les élèves bénéficient de soins, il s’agirait de former en pédagogie, d’avoir des recours de proximité avec des dispositifs de soupape (Dispositif d’Auto Régulation : DAR avec des personnels médico-sociaux).

 

Quant aux AESH, à l’instar de ce que préconise le rapport, les représentants du ministre s’interrogent sur leur nombre et sur la « déstabilisation » que représente la présence de plusieurs d’entre eux dans une classe…. De fortes inquiétudes pèsent donc sur le recrutement de nouveaux AESH, l’avenir des notifications et des attributions…

La président Macron avec son ministre Ndiaye veulent poursuivre le démantèlement de l’enseignement et des structures spécialisés notamment pour répondre aux exigences de l’ONU. Pour autant, ses représentants n’ont pas semblé sereins, sans doute à cause du contenu explosif de l’inclusion systématique, des orientations gouvernementales sur ce dossier, et de la situation sociale actuelle.

La FNEC FP-FO a rappelé ses revendications :

– L’abandon du rapport d’avril 2022 sur la scolarisation des élèves en situation de handicap,
– la création immédiate de places dans les établissements médico-sociaux à hauteur des besoins,
– un vrai statut, un vrai salaire pour les AESH, abandon des PIAL,
– le retour à une formation d’enseignants spécialisés par options,
– le maintien et retour de la prise en charge des élèves par des enseignants spécialisés et l’arrêt de culpabilisation des personnels via des personnels devenus coachs de l’Ecole Inclusive

 

La FNEC FP-FO rappelle que bloquer la réforme des retraites serait un point d’appui formidable pour bloquer les autres contre-réformes dont l’Acte 2 de l’école inclusive. Elle invite les personnels à se réunir de nouveau pour décider de la poursuite de la grève pour gagner jusqu’au retrait !

 

Compte-rendu de l’audience FNEC FP-FO sur l’inclusion avec le MEN, 24 mars 2023