Article Ouest-France : communiqué de FO en défense des personnels AESH

Article paru dans Ouest-France le jeudi 6 juillet 2023

Élèves en situation de handicap : les accompagnants se mobilisent en Ille-et-Vilaine

 

Les Accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) se mobilisent pour un meilleur statut. Soutenus par les syndicats, ils refusent de signer un CDI « à marche forcée, avant la parution du décret ».

(suite de l’article : cliquer sur l’image)

Personnels AESH convoqués pour signer leur CDI à la chaîne avant la parution du décret!

Depuis le lundi 3 juillet 2023, sur 4 jours, à marche forcée, le rectorat de Rennes a mis en place une campagne pour faire signer des CDI à plusieurs centaines de personnels AESH dans le département.

 

Le SNFOLC 35 a suivi de près le déroulement de cette campagne. 

Les personnels sont convoqués massivement depuis lundi 3 juillet dans un amphithéâtre à Rennes pour prendre connaissance et signer leur contrat de travail en CDI. Ils ont parfois été convoqués la veille pour le lendemain alors qu’ils sont sommés de venir avec toutes les pièces justificatives à produire pour permettre la signature.

Lors de ce rdv (qui se fait à la chaîne, à la queue leu leu dans l’amphithéâtre), les AESH n’ont pas le temps de lire le contrat dans ses détails. Un personnel qui demandait un peu de temps pour prendre connaissance de ce qu’il allait signer s’est vu répondre : « Accélérez. De toute façon, c’est à prendre ou à laisser. »

Les personnels qui ont signé ce CDI n’ont pas eu le droit de repartir avec un double du contrat. Parfois ils ont réussi à en prendre une photo avec leur téléphone portable, quand cela ne leur était pas refusé.

Cette campagne de CDIsation telle qu’elle a été organisée s’est faite dans le plus grand mépris des personnels, et de la loi :

– Quid des 8 jours de réflexion autorisés par la loi pour permettre au personnel de décider s’il signe ou non son CDI ?

– Quid du double du contrat donné au signataire ?

– Quid de la sérénité des personnels, entassés dans un amphithéâtre par paquets, pour signer un document d’une grande importance dans leur carrière déjà précaire ?

– Quid du décret qui n’est pas encore paru et qui seul autoriserait la signature d’un CDI après 3 ans de CDD ?

 

Nous avons appris par une AED stupéfiée, hier, mercredi 6 juillet à 16h, que la campagne de signatures prenait fin de manière impromptue en raison du caractère illégal de cette campagne (décret non paru !)

Cette nouvelle s’est très vite répandue parmi les personnels, via les réseau sociaux, et a fait l’effet d’une bombe : qu’en est-il des contrats déjà signés? Ont-ils une valeur légale? Sont-ils annulés?

Le SNFOLC 35 est très inquiet de la situation. Nous avons contacté le recteur pour lui faire part de notre désaccord sur la méthode utilisée et de nos interrogations :

– Les personnels AESH concernés ont-ils reçu un courrier du rectorat pour informer officiellement de l’annulation de la campagne ?

– Ont-ils été informés du caractère potentiellement invalide de leur contrat signé ?

– Comment sera organisée la signature de leur futur CDI ?

– Leurs frais de déplacement pour se rendre à l’amphithéâtre ont-ils bien été pris en charge par l’administration?

 

Nous avons reçu des dizaines d’appel pour la seule journée de mercredi 5 juillet 2023, appels de personnels AESH très inquiets et indignés de la situation, du document qu’ils signaient, et de la privation de leurs droits (délai de signature, copie du contrat…). Ces personnels ont eu l’impression, à juste titre, d’être traités de manière irrespectueuse.

 

Certes, le ministère (comme à son habitude) tarde à faire paraître le décret d’application de la loi, ce qui génère des difficultés pour les services du rectorat. Mais cela ne doit pas se faire au mépris des personnels AESH, personnels qui, rappelons-le, sont payés sous le seuil de pauvreté et travaillent dans des conditions très difficiles.

Le SNFOLC 35 a demandé au recteur qu’un courrier soit envoyé aux personnels concernés pour revenir sur les circonstances dans lesquelles les signatures se sont faites, et leur préciser les perspectives d’avenir quant à leur futur CDI.

 

Le SNFOLC 35 porte la revendication d’un vrai statut de la Fonction publique pour les personnels AESH, statut qui aurait évité de tels impairs.

 

ici le communiqué envoyé à la presse le 6 juillet 2023.

Pour lire l’article paru dans Ouest-France : c’est ici !

Affectation catastrophique dans les LP en Ille-et-Vilaine : des centaines d’élèves sur le carreau

En cette fin d’année scolaire, les élèves de 3ème reçoivent le résultat de leur demande d’affectation en lycées professionnels.

Plusieurs centaines d’élèves (plus de 630 ! Chiffre inouï !), restent à ce jour sans affectation.

Dans certains collèges de Rennes, le taux d’élèves non affectés peut atteindre 1/5ème de la cohorte totale des troisièmes de l’établissement.

 

C’est inacceptable !

Des parents d’élèves, inquiets de l’avenir de leurs enfants, nous ont contactés.

Vendredi 30 juin, nous avons contacté en urgence le DASEN et le Recteur pour connaître les raisons de ces nombreuses non affectations. Nous avons également demandé l’ouverture de toutes les classes manquantes. Nous sommes toujours sans réponse à ce jour.

 

Depuis, une demande d’audience intersyndicale à l’initiative de FO a été demandée.

S’agit-il d’une conséquence avant l’heure de la réforme à venir du lycée professionnel ?

 

Rappelons que les élèves demandant à s’inscrire en lycées professionnels sont bien souvent issus de milieux sociaux défavorisés.

Le SNFOLC 35 demande l’ouverture immédiate de classes supplémentaires dans les filières en demande pour débloquer cette situation.

Recrutement des professeurs à Bac+3

La FNEC FP-FO demande audience au ministre !

La FNEC FP-FO a pris connaissance des propos de ministre Ndiaye interviewé par le journal « Le Monde » :

« Je souhaite placer le concours de professeur des écoles à bac + 3 sans renoncer à la mastérisation. Nous proposerons, après le concours, deux ans de formation rénovée et rémunérée. Cela attirera davantage de candidats, notamment des étudiants défavorisés, nos futurs « hussards noirs de la République ». Ainsi, nous dissocions l’obtention du diplôme et le concours. Même si rien n’est encore tranché, nous espérons mettre cette réforme en œuvre en 2025. »

Ainsi, il aura fallu plus de 10 ans aux différents gouvernements pour tirer le bilan du désastreux  passage des concours de recrutement de professeurs des écoles de Bac+3 et Bac+5, conséquence de la mise en place de la masterisation à laquelle la FNEC FP-FO s’était opposée, qui a considérablement réduit le nombre de candidats.

Il aura fallu que dans plusieurs académies (Créteil, Guyane, Versailles), des centaines de places aux concours de recrutement de professeurs des écoles soient non pourvues pour que le ministère remette enfin en cause le concours à Bac+5.

La FNEC FP-FO s’interroge : pourquoi le ministre n’étend-il pas sa réflexion au 2nd degré alors que les résultats du CAPES, rendus publics le 30 juin, font apparaître un fiasco de 861 postes non pourvus, dont 250 en mathématiques (24%), 149 en lettres modernes (20%), 119 en langue vivante étrangère allemand (58%), 108 en physique-chimie (25%), 93 en lettres classiques (69%), 67 en langue vivante espagnol (21%), 56 en éducation musicale (42%) ?

Par ailleurs, comment comprendre les propos du ministre « Nous proposerons, après le concours, deux ans de formation rénovée et rémunérée » ? Avec quel statut pour les lauréats du concours ? Fonctionnaires stagiaires avec une réelle formation rémunérée de deux ans avant la première prise de poste ? Ou contractuels affectés en classe pour se former sur le tas et permettre de masquer les suppressions de postes ?

Quoi qu’il en soit, la mise en place immédiate du concours de recrutement de professeurs des écoles à Bac+3 est une nécessité absolue qui s’est imposée au ministre.

 

Pour la FNEC FP-FO, l’augmentation immédiate de 10% de la valeur du point d’indice devrait également s’imposer à ce gouvernement pour permettre l’augmentation du nombre de candidats aux concours, tant l’effondrement du pouvoir d’achat des fonctionnaires, et particulièrement des personnels de l’Education nationale, n’est pas étranger au manque de candidats !

Et ce n’est pas avec son pacte « travailler plus pour perdre moins » – rejeté par les personnels en témoignent les centaines de motions et de pétitions rédigées dans les écoles, les établissements, les réunions syndicales – qu’il va susciter un afflux de candidatures aux concours !

La FNEC FP-FO demande audience au ministre Ndiaye sur la base des revendications suivantes :

– l’abandon de la masterisation et particulièrement du master d’enseignement « MEEF » ; – l’abrogation de la loi Blanquer et l’arrêt du principe de contractualisation des étudiants dit « pré-professionnalisation » ;

– le retour au recrutement par concours après licence (Bac + 3/Bac + 4 pour les agrégés) avec une véritable formation sous statut et la reconnaissance d’une équivalence Bac+5 après titularisation ;

– l’établissement de véritables listes complémentaires, dans tous les corps et dans toutes les académies pour pourvoir tout au long de l’année à la vacance des postes ;

– la mise en place de concours exceptionnels partout où c’est nécessaire ;

– le retrait du « pacte » et l’augmentation immédiate de 10% de la valeur du point d’indice.