Pain, Paix, Liberté

Lors de son « Adresse aux français », le Président de la République a voulu alerter la population sur les bouleversements géopolitiques au niveau international et les menaces qui pèsent sur la sécurité de notre pays et sur la paix.

FO veut rappeler son attachement indéfectible à la paix et à l’expression « Pour le pain, la paix, la liberté » qui rappelle l’engagement historique de FO, incarné dès ses origines par son fondateur Léon Jouhaux, prix Nobel de la paix en 1951.

 

Ce discours alarmiste et inquiétant, à plus d’un titre, voudrait nous inviter à reconsidérer l’ensemble de nos politiques publiques et met l’accent sur un effort budgétaire sans précédent à réaliser donnant la priorité à la défense et au réarmement.

Pour FO, les nouvelles priorités budgétaires ne doivent en aucun cas conduire à plus d’austérité pour des politiques aussi essentielles que l’enseignement, la santé, la sécurité sociale (qui fête ses 80 ans cette année), la solidarité ou les droits sociaux.

 

FO souligne que les politiques économiques menées depuis de trop nombreuses années ont conduit à affaiblir notre tissu productif et industriel, notre appareil de formation et nos services publics.

FO ne saurait accepter que les salariés soient contraints à des efforts et des sacrifices alors que des moyens budgétaires peuvent être mobilisés dans la manne des aides publiques versées aux entreprises, sans contrôle ni conditions, dans la lutte contre l’évasion fiscale ou dans la taxation des dividendes, dont le montant atteint des niveaux records, de près de 100 milliards d’euros en 2024.

Sans être indifférente à la sécurité de la nation, FO ne veut participer ni à l’instrumentalisation, ni à l’intégration des organisations syndicales de salariés dans une économie de guerre, synonyme de renoncement et d’abandon des revendications des travailleurs.

FO dénonce les postures va-t’en guerre et toute escalade guerrière, d’où qu’elles viennent, et continue d’appeler à une résolution pacifique de tous les conflits dans le respect du droit international avec un engagement des autorités françaises en ce sens.

Quitter le conclave

Monsieur Bayrou a fixé le cadre pour son « conclave  » sur les retraites : le soi-disant équilibre financier.

En clair, il assigne aux syndicats la tâche de valider pour l’essentiel la contre-réforme de 2023 rejetée massivement par les salarié(e)s et de décider des nouveaux coups qui seront portés tant aux actifs qu’aux retraité(e)s.

 

Face au mensonge permanent, à la manipulation des chiffres, rappelons 3 faits qui sont têtus :

  • En 2025, on a compté 77 milliards d’exonérations de cotisations sociales pour les entreprises (donc de l’argent volé à la Sécurité Sociale)
  • Entre 80 et 100 milliards de fraude fiscale estimée pour la France (donc de l’argent volé au pays par certains grands groupes et grosses fortunes sans que rien de sérieux ne soit fait pour l’empêcher)
  • 100 milliards de dividendes pour les actionnaires en 2024 , 60% de plus depuis 2019 !

 

Et ce gouvernement et ses soutiens nous expliquent qu’il n’y a pas d’argent pour les retraites, pour le social, pour les hôpitaux ou pour l’école !

 

Les syndicats n’ont rien à faire dans cette opération de dupes.

Force Ouvrière Ille et Vilaine appelle tous les salariés actifs ou retraités, du privé comme du public et la jeunesse à se préparer à la mobilisation dans l’unité, seule voie pour bloquer la régression sociale qui inexorablement entraine aussi la régression démocratique.

 

Déclaration de la FNEC FP-FO au CSA-SD 35 du 31 janvier 2025

Monsieur le DASEN d’Ille-et-Vilaine,

Lors du CSA ministériel du 17 janvier, Elisabeth Borne se vantait d’annuler la suppression de 4 000 postes d’enseignants et même de créer 324 postes dans le second degré… Mais 542 postes sont fléchés pour « construire des dispositifs d’approfondissement ». Pour autant, le ministère n’a pas su donner de précisions sur la réalité de ces 542 postes prétendument soustraits pour les « élèves en très grande difficulté ». Ce qui est sûr, c’est que le nombre de postes aux concours de mathématiques et français n’est pas abondé suite à ces annonces. Que tous les postes aux concours ne seront pas pourvus (le ministère annonce un nombre globalement stable d’inscrits) et que des postes dans les autres disciplines seront supprimés. Les premières DHG communiquées le confirment.

Et quand bien même ces postes seraient proposés aux concours, ils ne trouveraient probablement pas preneurs. La raison à cet état de fait est simple : la paupérisation galopante du métier d’enseignant. Les professeurs subissent depuis 25 ans les revalorisations indigentes de la valeur de point d’indice, comparée à l’inflation. L’écart entre les deux, après une nouvelle annonce de gel du point d’indice pour 2025, atteint désormais 31,5% !

Heureusement, nos sénateurs ont du talent et ont trouvé comment solutionner la perte d’attractivité du métier d’enseignant : sur proposition du gouvernement, ils entendent baisser l’indemnisation des congés maladie à 90%. Cette disposition doit permettre de réaliser une coupe de 900 millions d’euros par an, selon un rapport de l’Inspection générale des finances et de l’Inspection générale des affaires sociales.

Pour FO, il est inacceptable d’ajouter à la maladie la précarité financière !

 

La FNEC FP-FO réaffirme les revendications urgentes sur les salaires :
• revalorisation de la valeur du point d’indice : 10 % tout de suite sans contrepartie !
• rattrapage des pertes subies par rapport à l’inflation depuis 2000 (31,5%) ;
• abandon de tous les jours de carence, des journées de travail gratuit dit de « journée de solidarité » et de la baisse à 90% du traitement en cas d’arrêt maladie.

 

En Ille et Vilaine, la baisse des moyens correspond à l’équivalent de 38 retraits de postes dans le second degré (-27.5 en collège, – 22 en LGT et +11.5 en LP). Et ceci sans préjuger du budget qui sera réellement voté en février.

La FNEC FP-FO revendique l’annulation de toutes les suppressions de postes, la création de tous les postes nécessaires (administratifs, médecins, infirmiers, assistants sociaux, AESH, AED, remplaçants, enseignants spécialisés…) et de places en établissements sociaux et médico-sociaux à hauteur des besoins, ainsi qu’un statut et un vrai salaire pour les AESH et AED. Il faut l’arrêt de la mutualisation, qui se fait au détriment des élèves et des AESH, contraints de suivre 4 ou 5 élèves, si ce n’est plus, et qui peuvent être changés d’affectation en cours d’année.

Concernant les autres contre-réformes, la ministre s’inscrit dans la continuité. Tout est maintenu : Parcoursup, « choc des savoirs », SNU, réforme de la voie professionnelle, acte 2 de l’Ecole inclusive avec déploiement des Pôle d’Appuis à la Scolarité qui aggravent la logique des PIAL (100 postes seraient prévus à cet effet) et externalisation des établissements sociaux et médico-sociaux (pour lesquels aucun poste n’est évidemment prévu). La FNEC FP-FO exige le retrait de ces contre-réformes.

Par ailleurs, pour gagner l’abrogation de la réforme des retraites, le retrait du budget d’austérité et la satisfaction de toutes nos revendications à commencer par l’annulation des suppressions de postes et la création des postes nécessaires, la construction du rapport de force est à l’ordre du jour.

Un tel rapport de force ne peut se limiter à une journée d’action, aussi réussie soit-elle, mais nécessite de poser la question de l’action commune et de la grève pour gagner.

 

Enfin, la FNEC FP-FO tient à rappeler que cela fait 1000 jours aujourd’hui que Cécile Kohler, professeure de lettres, et Jacques Paris, ancien professeur de mathématiques sont détenus dans des conditions extrêmement difficiles dans les geôles iraniennes. Nous invitons ceux qui le peuvent à rejoindre les rassemblements pour soutenir leurs familles ce samedi 1er février à Rennes, 11h place de la République, Paris, Granville ou ailleurs en France.

Déclaration liminaire FNEC FP-FO du CSA Men du 21 janvier 2025

Nous réitérons notre demande de satisfaction des revendications des personnels de Mayotte : hausse du taux d’indexation des salaires pour compenser le coût de la vie, aide de 2000 € pour tous quel que soit l’indice, instauration de l’ASA dans l’ensemble du département, extension de la reconnaissance REP+ à toutes les écoles et tous les établissements du département, mais également que la rentrée scolaire ne soit pas décrétée tant que les conditions de sécurité ne seront pas réunies.

Dans son discours de politique générale le 14 janvier, le Premier ministre François Bayrou n’a annoncé ni l’abrogation de la réforme des retraites, ni sa suspension. Bien au contraire, il ne vise qu’à poursuivre les politiques d’austérité menées par les précédents gouvernements, et il annonce d’ores et déjà plus de 50 milliards d’économies sur nos salaires, nos services publics, notre Sécu et nos retraites. Et pour gagner du temps, dans un contexte d’extrême fragilité, il propose aux syndicats patronaux et de salariés l’organisation d’un « conclave » pour trouver « un accord d’équilibre » sur le financement des retraites à partir d’un état des lieux produit prochainement par la Cour des comptes.

Le conclave Bayrou-Macron est un piège tendu aux organisations syndicales, dans le but de les associer soit au maintien de la réforme actuelle, soit à l’instauration d’une réforme systémique, réforme universelle par points ou par capitalisation, que nous avons déjà rejetée et combattue en 2019. Ce n’est pas la place des syndicats de salariés, et en tout cas pas celle de Force Ouvrière, de participer à l’élaboration d’une réforme dont les contours ont d’ores et déjà été fixés par le Premier ministre et le Medef. Ce conclave est un enfumage.

Comme le ministre Attal avait sorti de son chapeau l’annulation de 2440 suppressions de postes d’enseignant sans que le PLF ne soit modifié, la ministre Borne voudrait que l’on applaudisse à l’annulation des 4 000 suppressions de postes d’enseignants. Comme l’an dernier, ces annonces viennent après la publication du nombre de postes aux concours qui ne seront pas augmentés. Comme l’an dernier, ce sont encore des postes supprimés dans le premier degré et, dans le second degré, encore des postes spoliés pour la réforme du « choc des savoirs » au détriment des disciplines. Comme l’an dernier, cela annonce encore une rentrée dégradée.

Comment se réjouir de la suppression de 470 postes dans le premier degré, alors que la situation dans les écoles explose ! Il faut des postes pour les remplaçants en nombre insuffisant (seuls 80 % des absences sont remplacées). Il faut des postes pour baisser les effectifs dans les classes dont plus d’un quart sont à plus de 25 élèves. Il faut des postes spécialisés pour prendre en charge les élèves à besoin particulier ; et au lieu de cela, la ministre poursuit l’acte 2 de l’Ecole inclusive, le démantèlement des établissements sociaux et médico-sociaux. Ce sont des centaines de fermetures de classes qui se profilent. Inacceptable !

Comment se réjouir de la création de seulement 324 postes dans le 2nd degré et 170 postes de CPE, quand 542 postes sont déjà fléchés pour poursuivre en 4ème et 3ème le « Choc des savoirs », réforme massivement rejetée par les personnels et les parents. Cela se mettrait en place collège par collège, dans un cadre totalement territorialisé… Impossible donc de réduire le nombre d’élèves par classe avec des classes à plus de 30 voire plus de 35 en lycée !
Et toujours aucune création de postes pour les personnels administratifs, infirmiers, médicaux, sociaux, et d’encadrement qui sont en nombre notoirement insuffisant !

La ministre Borne a aussi annoncé la création de 2 000 postes d’AESH, qui était déjà prévues par le gouvernement Barnier. Chacun sait qu’un poste d’AESH créé n’équivaut pas à un personnel recruté, faute de candidats tant les salaires sont bas et les conditions de travail dégradées. La récupération par l’Etat du temps méridien, annoncée comme la solution à tous les maux, a principalement réduit le temps d’accompagnement ou la pause repas des AESH sans toujours augmenter les salaires. Plus que jamais, la FNEC FP-FO revendique un statut de fonctionnaire de catégorie B avec un temps complet pour 24h d’accompagnement et l’abandon des PIAL et des PAS.

Comment se réjouir, alors que la ministre Élisabeth Borne a présenté, depuis vendredi, un amendement au sénat de 52 M€ d’économies d’économie budgétaire qui s’ajoutent aux 170 M€ votés avant la censure du gouvernement Barnier et aux 683 M€ ponctionnés sur le budget de l’EN en 2024, mais n’a pas présenté d’amendement pour le rétablissement des 4000 postes.

Devons-nous nous attendre à de nouvelles suppressions heures supplémentaires ponctuelles, l’amputation des frais de déplacement, la non-reconduction d’enseignants non titulaires ?

Nous demandons donc également des informations sur le BOP 214. Quel budget de fonctionnement pour l’année prochaine ? Dans le projet de budget, des économies substantielles étaient prévues sur le bâtiment. Qu’en est-il ? Les frais de déplacements seront-ils pris en charge, pour toutes les missions, jusqu’à la fin de l’année ? Qu’en est-il du budget du CNED, de CANOPE, de l’ONISEP ? Il est également question d’une deuxième journée de solidarité ou de la réduction des vacances d’été en 2026. Nous vous demandons à nouveau, qu’en est-il ?

Malgré la mobilisation au printemps dernier, et les retours alarmants des personnels, un projet de décret a été envoyé aux élus de la CSL pour les groupes de besoins en 6ème et 5ème sur l’ensemble du volume horaire. La FNEC FP-FO continue à s’y opposer et demande l’abrogation de l’ensemble de la réforme du « choc des savoirs ».

Madame la ministre a confirmé l’abandon des 2 jours de carence supplémentaires pour les fonctionnaires. Le sénat a voté 2 jours plus tard la baisse de l’indemnisation des congés maladie à 90%. Nous ne l’acceptons pas.

 

Concernant les autres contre-réformes, la ministre s’inscrit dans la continuité. Tout est maintenu : Parcoursup, « choc des savoirs », SNU, réforme de la voie professionnelle, acte 2 de l’Ecole inclusive avec déploiement des Pôle d’Appuis à la Scolarité qui aggravent la logique des PIAL (100 postes seraient prévus à cet effet) et externalisation des établissements sociaux et médico-sociaux (pour lesquels aucun poste n’est évidemment prévu alors qu’au moins 24 000 élèves sont en attente de place).

La FNEC FP-FO maintient toutes ses revendications : créations de tous les postes nécessaires ! Augmentation du point d’indice : 10% tout de suite ! Abandon des contre-réformes ! Non au « conclave » ! Abrogation de la réforme des retraites Macron-Borne ! Non au budget Bayrou qui prévoit 53 milliards d’économies !

SNFOLC 35 : une résolution de combat

L’Assemblée générale du SNFOLC 35 du 12 décembre 2024 s’est réunie dans une situation politique confuse : renversement du gouvernement Barnier le soir du 4 décembre ; dès le lendemain, puissantes grèves et manifestations partout dans le pays pour dénoncer le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale comportant de nouvelles attaques contre la Sécurité sociale, notamment les 3 jours de carence au lieu d’un pour les fonctionnaires, et la baisse de l’indemnisation des arrêts maladie ordinaires de 100 à 90 %.

Le 5 décembre : grève historique dans l’Éducation nationale, avec 65 % dans le premier degré, 54 % dans le second degré. Plus de 5 000 manifestantes et manifestants dans les rues de Rennes, plusieurs centaines à Fougères. Dans ces cortèges, des agents titulaires et contractuels de la Fonction publique, mais aussi des camarades du secteur privé, et des usagères et usagers des services publics qui défendent leurs droits à bénéficier de ces services.

 

Au soir du 5, le président Macron s’est exprimé. Pas un mot des revendications portées par des milliers de personnels dans les rues, pas un mot des dernières réformes qui ont soulevé le pays (les retraites, l’assurance chômage…), mais un cap maintenu, celui de l’autoritarisme, des coupes budgétaires et du soi-disant « intérêt général ».

Durant la semaine du 9 décembre, en Ille-et-Vilaine, la mobilisation a continué de se construire : grève les 10, 11 et 12 décembre, blocage de l’ARS, manifestation intersyndicale le 12 décembre en jonction avec le secteur privé contre les plans de licenciement…

 

Mobilisation qui se poursuit malgré le rétropédalage de l’UIAFP dans son communiqué du 6 décembre, rétropédalage scandaleux et irrespectueux des syndicats départementaux, et malgré le honteux communiqué de presse intersyndical confédéral du 5 décembre :

Non, le SNFOLC 35, avec son UD, n’entend pas « suspendre son mouvement de grève des 10, 11 et 12 décembre dans l’attente des orientations du nouveau Gouvernement » ; non, pour le SNFOLC 35, « notre place et notre rôle » ne relèvent pas de la « négociation collective ».

 

Nous sommes un syndicat de combat : nous portons les revendications des personnels jusqu’au bout, jusqu’à leur satisfaction, par la grève générale et le blocage du pays s’il le faut. C’est cela, Force ouvrière.

 

[…]

L’AG du SNFOLC 35 appelle tous les personnels de l’Éducation Nationale à construire la mobilisation à partir de ce point d’appui. AG, HIS ou simples discussions informelles, toutes les solutions doivent permettre de construire la grève interprofessionnelle, jusqu’au blocage du pays s’il le faut.

La censure du gouvernement Barnier ne peut pas sonner l’heure de faire une pause dans la mobilisation. Au contraire, le moment est venu d’aller plus loin dans le rapport de force pour obtenir le retrait de toutes les contre-réformes scélérates et gagner sur les revendications.

 

Résolution adoptée à l’unanimité

lors de l’AG des syndiqués du SNFOLC35

du 12 décembre 2024.

Pour lire la suite :

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