Mort d’un lycéen sur son lieu de stage

Une nouvelle tragédie vient de frapper un élève d’un lycée polyvalent de Saint-Lô en stage chez un employeur. Elle n’est que la dernière d’une série d’accidents similaires survenus ces derniers mois ayant conduit au décès ou à des blessures aux conséquences irréversibles.

Pour la FNEC FP-FO, ces accidents sont le produit d’un choix politique à double entrée : mettre les jeunes le plus vite possible à la disposition des patrons et faire passer les mesures de santé et sécurité au travail au second plan, dans une logique d’économie.

 

En 2022, ce sont 43 jeunes de moins de 25 ans qui sont décédés à la suite d’un accident du travail et 33 jeunes en 2023.

Le gouvernement lui-même affirme :

Les jeunes sont un « public particulièrement vulnérables aux accidents » du fait, notamment, de « l’absence d’ancienneté sur le poste » qui est « un facteur déterminant de la sinistralité ».

Pourtant, le ministère de l’Education nationale décide d’augmenter le nombre d’élèves et de jeunes en stage en développant et augmentant les périodes d’observation ou de formation en entreprise. Alors que dans le même temps, les mesures de protection et les contrôles se réduisent et les dérogations aux travaux interdits aux jeunes de 15 ans à 18 ans ont été facilités, puisque l’accord de l’inspection du travail n’est plus nécessaire.

Depuis 2018, la loi Pénicaud pour « choisir son avenir professionnel » a renversé le paradigme éducatif en plaçant l’entreprise comme un élément central du cursus de l’élève et en libéralisant l’apprentissage pour faciliter la création de centaines de CFA d’entreprise.

 

Le ministère poursuit cette logique en développant les stages d’observation en 3ème et 2nde ou en désorganisant la voie professionnelle avec sa réforme chaotique et sa terminale en Y, cela au détriment de la sécurité des élèves.

Ce passage au second plan de la sécurité n’est pas un fait isolé dans la manière dont le ministère envisage la santé et la sécurité au travail, notamment des personnels. Il fait écho à l’inconséquence avec laquelle sont traitées leurs conditions de travail et les instances représentatives. Au sein même de ses propres services, des milliers de situations révélant de la souffrance au travail sont ignorées, des centaines de situations de danger grave sont écartées, comment attendre dès lors que la sécurité des élèves au sein de l’entreprise soit assurée et contrôlée ?

Pour la FNEC FP-FO, il faut en finir avec ces stages dits « d’observation » en entreprise : la place des élèves est à l’École, pas sous la coupe des patrons. De même, notre fédération exige l’abrogation de la loi Pénicaud et le retrait de la réforme de la voie professionnelle qui augmente les périodes de formation en entreprise et introduit un chaos sans précédent vecteur de danger pour les élèves.

Halte aux rafles de migrants !

Ces mercredi 18 et jeudi 19 juin, au nom de la « lutte contre l’immigration irrégulière et clandestine », le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a ordonné une vaste opération nationale de contrôle des « étrangers en situation irrégulière » (ESI) dans les gares et les trains, appelant les préfets à « prioriser, dans toutes les gares ferroviaires, le contrôle des trains à destination des pays voisins et des grandes métropoles françaises, en arrivée comme en départ ».

 

Prétextant d’une « augmentation conséquente d’interception d’ESI ces dernières semaines (+28%) », le ministre s’est félicité de « mobiliser 4 000 gendarmes, des policiers, des douaniers, des forces Sentinelles pour interpeller des clandestins », précisant que ce qu’il veut dire « c’est que les clandestins ne sont pas les bienvenus en France, de la façon la plus ferme et la plus définitive ».

Ainsi, ce sont des milliers de salariés, de jeunes, lycéens et étudiants, se rendant sur leur lieu de travail et d’étude, qui se trouvent pointés du doigt, soupçonnés d’être hors-la-loi et exposés à des mesures de répression arbitraires.

 

La FNEC FP-FO dénonce fermement cette opération qui s’inscrit dans la liste déjà trop longue de mesures de discrimination raciale et de répression mises en oeuvre par le gouvernement ultra-minoritaire et illégitime Macron-Bayrou-Retailleau avec notamment la loi asile et immigration de janvier 2024, qui supprime l’AME (aide médicale d’État appliquée aux sans-papiers), rétablit le délit de séjour irrégulier etc., avec la dissolution de la Jeune Garde et d’Urgence Palestine, ou encore la suppression en janvier, à Paris, du dispositif d’hébergement d’urgence de lycéens migrants, avec pour conséquence l’expulsion de 108 jeunes vers d’autres régions sans garantie de suivi scolaire et administratif…

L’objectif est clair : semer la peur et la division au sein de la population, afin d’étouffer autant que faire se peut la résistance tenace et grandissante qu’expriment chaque jours les travailleurs et la jeunesse contre les politiques de casse sociale et de marche à la guerre de ce gouvernement rejeté par tous.

La FNEC FP-FO rappelle que dans une période encore récente, lorsque des policiers sont intervenus sur ordre du gouvernement pour interpeller et expulser des élèves étrangers, elle s’y est toujours opposée avec force.

 

La FNEC FP-FO sera toujours aux côtés des travailleurs et de la jeunesse, aux côtés de tous ceux qui résistent, contre l’oppression et l’exploitation, et pour la défense des revendications et des libertés démocratiques.

Rassemblement en hommage à Mélanie Grapinet

Mardi 10 juin, Mélanie Grapinet, assistante d’éducation du collège Françoise Dolto à Nogent (Haute-Marne), est décédée après avoir été poignardée lors d’une fouille de sacs effectuée par les gendarmes aux abords de l’établissement.

Force ouvrière déclare ses sincères condoléances et tout son soutien à la famille et aux proches de cette jeune collègue, ainsi qu’à l’ensemble des personnels et des élèves du collège. Elle partage l’effroi de l’ensemble des personnels et des familles face à cet évènement tragique.

Force ouvrière appelle à rejoindre le rassemblement intersyndical départemental jeudi 12 juin à 18h Place de la République à Rennes.