Demande d’audience intersyndicale auprès du recteur

L’intersyndicale CGT Educ’action 35, SNES FSU 35, SNFOLC 35, SUD Éducation 35 s’adresse au Recteur afin de discuter des nombreux problèmes liés au passage des E3C dans les lycées du département.

A l’ordre du jour de cette entrevue :
– conditions de passation dans certains établissements
– intervention et brutalités policières dans plusieurs établissements du 35
– assignation des AED et des APS
– menace de sanctions à l’égard de lycéens identifiés comme meneurs
– rappel de nos revendications concernant la réforme du baccalauréat et le projet de réforme des retraites

Répression : notre fédération s’adresse au Ministre

En Ille-et-Vilaine, ce matin (le 28/01/2020), 4 lycées de nouveau perturbés en raison de la tenue des E3C :
 
  • Lycée Anita Conti (Bruz) : rassemblement des enseignants grévistes pour le deuxième jour consécutif contre les épreuves des E3C. Les élèves ont été moins présents que la veille, pas de blocage. L’administration, pour dissuader les élèves mobilisés, a appelé hier soir tous les parents des élèves absents aux épreuves la veille. Une AG se tient dans l’après-midi pour déterminer des suites du mouvement dans l’établissement.

  • Lycée Bréquigny (Rennes) : blocage important des lycéens, profs grévistes rassemblés devant l’établissement. Intervention musclée des forces de l’ordre (CDI), qui a débloqué l’établissement. Une fois le début des épreuves, la police a levé le camp, pour rejoindre un autre établissement bloqué (lycée VHB). Après leur départ, les grilles du lycée ont été ouvertes aux élèves, qui sont entrés en masse pour perturber les épreuves : couloirs envahis, vitres brisées, deux adjointes ont été bousculées. Les épreuves ont été reportées.

  • Lycée Victor Hélène Basch (VHB – Rennes) : blocage des élèves. Rassemblement des professeurs grévistes devant le lycée. Intervention sévère de la police (CDI) : plusieurs lycéens ont été molestés à coups de matraque télescopique. Un lycéen, venant de recevoir un coup de matraque, a fait un malaise et a dû être évacué par les pompiers en direction de l’hôpital.

  • Lycée Descartes (Rennes) : un blocage important mis en place par les lycéens tôt le matin, établissement totalement bloqué, profs grévistes rassemblés devant le lycée, en nombre. Les épreuves ont été reportées.
L’intervention quasi systématique des forces de l’ordre dans le cadre du déroulement des E3C en Ille-et-Vilaine est inadmissible. Elle provoque des débordements de la part des lycéens (Bréquigny) et conduit à des faits de violence sur des lycéens (VHB) et sur des personnels de l’éducation (Bréquigny). Les violences que nous vivons dans le 35 sont inacceptables, et découlent du refus de voir et d’entendre, tant de Monsieur Blanquer que de Messieurs Macron et Delevoye.
 
Notre Gouvernement met en danger les personnels de l’éducation et les lycéens en choisissant de passer en force !
Dans le 35, la mobilisation contre les E3C s’inscrit pleinement dans la lutte contre le projet de réforme des retraites. Le rassemblement qui aura lieu demain matin devant la DSDEN 35 a tout son sens, en interpro. Plus que jamais unis, public, privé, contre le projet Macron-Delevoye et contre l’autoritarisme de notre ministre de l’éducation.

 

Face à ce climat de répression dans notre département et dans l’ensemble du pays, notamment face à la mobilisation des salariés, des étudiants, des lycéens dans le cadre de l’opposition à la réforme des retraites et des réformes Blanquer, notre fédération (la FNEC-FP-FO) s’est adressée au Ministre.

Voici cette lettre :

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Mineurs isolés interdits de stage ! Le scandale venu du Recteur

Dans un courrier daté du 17 janvier 2020, adressé aux proviseurs des LP et LGT publics ainsi qu’aux DASEN de l’Académie de Rennes, monsieur le Recteur Emmanuel Ethis invite « chaque établissement à vérifier que les élèves qui y sont affectés sont en situation régulière ».  Il demande, au cas où des élèves mineurs seraient  »en situation irrégulière sur le territoire », de  »leur interdire l’accès aux ateliers » et de  »ne pas les engager dans des stages et PFMP ». Il conclut sa missive par ces mots :  »il apparaît désormais nécessaire de vérifier, dès l’inscription, la situation du jeune ».

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De ce texte, plusieurs éléments se dégagent :


1- la notion introduite par le Recteur d’  »élève migrant mineur en situation irrégulière ». Elle est moralement indigne et juridiquement infondée puisque la circulaire ministérielle no 2002-063 du 20-03-2002 indique qu’il  »n’appartient pas au Ministère de l’Education nationale de contrôler la régularité de la situation des élèves étrangers et de leurs parents au regard des règles régissant leur entrée et leur séjour en France ».

2- interdire l’accès aux ateliers et aux stages de formation, c’est réduire à néant la scolarité, la possibilité d’obtenir un diplôme et la possibilité de s’intégrer professionnellement et socialement à ces jeunes, pourtant inscrits dans les établissements scolaires (LP et LGT) de l’Académie.

3- l’instruction scolaire est obligatoire en France pour les enfants de 3 à 16 ans, et de droit jusqu’à 18 ans. Que ces enfants soient ou non de nationalité française.

Le recteur entend-il se substituer aux fonctionnaires du Ministère de l’intérieur ?
Est-ce une invitation à faire des proviseurs et DASEN des supplétifs de la police aux frontières ?

 

Le SNFOLC 35 ne peut accepter les préconisations du recteur.

Il semblerait d’ailleurs que Monsieur Ethis lui-même ait compris le caractère abject de son courrier du 17 janvier. En effet, le 24 janvier, un second texte adressé aux mêmes destinataires affirme que son premier courrier  »n’a pas vocation à remettre en cause la scolarisation de nombreux jeunes allophones dans notre région ». Il demande  »de surseoir aux mesures préconisées dans le courrier qui vous a été adressé le 22 janvier ».

Avec cette nouvelle directive, le Recteur semble faire marche arrière. Ne nous y méprenons pas : rien n’est dit sur la situation des jeunes mineurs sans papiers ! Le Recteur n’évoque que les élèves étrangers allophones, mais ne se prononce aucunement sur le sort des mineurs isolés sans papiers. La porte reste donc ouverte à tous les abus.

Malgré sa volte-face bien tardive, deux manquements du Recteur sont à déplorer : il a introduit, d’une part, l’idée nauséabonde que les DASEN et les proviseurs de LP et LGT auraient à  »vérifier que les élèves qui y sont affectés sont en situation régulière ». D’autre part, il n’a toujours pas pris position pour défendre l’accès aux formations et aux stages des jeunes mineurs isolés sans papiers : pire, il précise qu’il reviendra vers les personnels « dès qu’une position aura été déterminée en concertation avec les services de l’état » !

Le SNFOLC35 condamne ces multiples manquements ; il demande à ce que le recteur de l’Académie de Rennes s’engage à permettre à tout élève mineur, quelle que soit sa situation administrative au regard du séjour, d’accéder aux formations et aux stages auxquels il a droit. Il doit garantir l’intégrité, la sérénité, la sécurité de la scolarité de tous les élèves inscrits dans les établissements, comme la loi l’y oblige, et veiller en particulier aux élèves en situation précaire, fragile, et isolée.

 

ici : lien pour lire le communiqué envoyé à Monsieur Ethis, Recteur de l’Académie de Rennes.

Blocage du Rectorat mercredi 15 janvier 2020

Mercredi 15 janvier 2020, tôt le matin et pendant plusieurs heures, le rectorat de Rennes a été bloqué par des salariés de différents secteurs, non syndiqués et syndiqués : enseignants, cheminots, postiers, finances, territoriaux des Champs libres… 200 personnes réunies pour dire non à la réforme des retraites et inviter les personnels du Rectorat à les rejoindre dans la grève.

Ci-dessous le communiqué rédigé collectivement lors de ce blocage.

« Nous, personnels de l’éducation, cheminots et salariés d’autres secteurs mobilisés contre le projet de réforme des retraites, bloquons aujourd’hui mercredi 15 janvier 2020 le Rectorat de Rennes.
Cette action s’inscrit dans la continuité de la mobilisation suivie partout en France depuis le 5 décembre contre le projet de réforme des retraites et le projet de société qui nous est imposé par Emmanuel Macron et son monde. Aujourd’hui, les cheminots en sont à leur 42ème jour de grève.
Nous refusons le projet Delevoye-Macron qui n’a jamais été synonyme d’équité ni de justice sociale.
Nous invitons les DASEN et les Recteurs à reverser aux caisses de grève des cheminots et des enseignants l’intégralité de leur indemnité tenant compte des fonctions des sujétions de l’expertise et de l’engagement professionnel de la Fonction Publique d’État, récemment revalorisée à hauteur de 51 710 euros.
Et nous exigeons le retrait immédiat du projet de réforme des retraites. »

 

Article dans Ouest-France : lien ici.

Suite au blocage, les salariés mobilisés ont rejoint l’action appelée par l’interpro devant le MEDEF.

Tous ensemble dans la lutte contre le projet de réforme des retraites !

La grève continue jusqu’au retrait !

Pourquoi une grève illimitée ?

Car les journées saute-mouton programmées tous les ans sont restées inefficaces jusqu’à présent. Une journée unique (le jeudi 5 décembre) ne suffira pas à faire reculer le Gouvernement. Seul un mouvement long et solide pourra le faire céder et renoncer au projet de réforme annoncé.

Une grève illimitée, « c’est dur financièrement à tenir »

C’est vrai. Les salariés grévistes ne sont pas rémunérés les jours de grève. Pour la fonction publique, c’est 1/30ème du salaire de moins sur la fiche de paie.

Mais faisons des calculs…

En moyenne, une journée de salaire, c’est 80 euros de moins sur la paie à la fin du mois.

5 journées de grève, c’est la moyenne annuelle des enseignants mobilisés. Bien souvent : une journée en octobre, une en décembre, une autre en février, avril,  juin… C’est le calendrier à peu près habituel des mobilisations dans l’Education Nationale chaque année (les journées dites « saute-mouton »).

5 journées de grève, c’est (arrondissons un peu…) 500 euros de moins sur la paie.

500 euros, c’est ce que les enseignants (en moyenne) perdront chaque mois jusqu’à la fin de leur vie, lorsqu’ils seront à la retraite, si la réforme passe !

Ne vaut-il pas mieux perdre 500 euros maintenant une seule fois

pour faire en sorte que cette réforme ne passe pas?

Plutôt que de perdre 500 euros tous les mois pendant plus de 20 ou 30 ans ? 

Attention aux week-ends !

Vous avez décidé de partir en grève illimitée à partir du 5 décembre. Sachez que, si vous êtes en grève les jours qui encadrent le week-end (le vendredi et le lundi), les samedis et dimanches peuvent être décomptés de votre salaire. Ce n’est pas une règle obligatoire, mais le Gouvernement en a le droit.

Nous vous recommandons donc de travailler le vendredi OU le lundi (un seul de ces deux jours suffit) pour vous assurer que vos weekends soient bien payés.

La caisse de grève 

Une caisse de grève est un fonds servant à soutenir financièrement les personnes en grève pour compenser leur perte de revenu. Ce fonds est souvent alimenté par des dons.

Il est tout à fait possible de mettre en place une caisse de grève dans une salle des profs. Les collègues ne pouvant financièrement se permettre de se mettre en grève mais souhaitant soutenir les collègues grévistes pourront ainsi les aider à tenir dans la durée.

Que fait-on un jour de grève reconduit ?

Il est important durant ces journées de reconduction de la grève ne pas rester chez soi : aller en manif, circuler dans les établissements ou les entreprises, diffuser des tracts informatifs sur le contenu réel du projet Delevoye, tenir des AG dans votre établissement pour discuter de la reconduction de la grève, voter la reconduction… Toutes ces actions sont nécessaires : grâce à elles, le mouvement prendra de l’ampleur et nos revendications du poids.

Si, dans chaque établissement en France, les personnels discutent de la reconduction de la grève et la votent,

Si, dans chaque établissement, les grévistes informent des dangers de la réforme des retraites par points partout autour d’eux, dans les établissements scolaires du voisinage, les bureaux de poste, les hôpitaux, les gares, les entreprises du quartier, en invitant les salariés rencontrés à les rejoindre dans la grève,

Le blocage généralisé des lieux de travail forcera Messieurs Macron et Delevoye à abandonner leur projet.

Journée de grève : mode d’emploi

Vous avez décidé de vous mettre de nouveau en grève le vendredi 6 décembre car vous estimez qu’une journée unique ne sera pas suffisante pour obtenir le retrait du projet de réforme.  

Quelques conseils sur l’organisation de cette journée (et des autres qui suivront) :

  • Ne restez pas chez vous. S’isoler est dur psychologiquement dans ces moments-là. Rejoignez vos collègues dans votre établissement (la salle des profs?) bien avant le début des cours pour avoir le temps de discuter avec vos collègues.
  • N’oubliez pas d’informer les personnels des autres catégories (administratifs, agents d’entretien, agents d’accueil, ouvriers spécialisés, AED, AESH…) qu’une discussion (une assemblée générale) va se tenir en salle des profs avant la reprise des cours pour discuter de la reconduction de la grève.
  • Dans la salle des profs, engagez une discussion avec les personnels présents sur la nécessité de faire grève encore aujourd’hui.  Cette discussion, parfois houleuse, est nécessaire pour construire le mouvement dans votre établissement : chacun doit pouvoir s’exprimer librement, quelle que soit son opinion. Proposez de voter la reconduction de la grève pour ce jour.
  • Vous êtes plusieurs (nombreux ou pas) personnels à avoir voté la reconduction de la grève : profitez de votre présence dans l’établissement  pour rédiger un court texte qui exprime les raisons de votre vote sans oublier de rappeler la revendication principale d’abrogation de ce projet de réforme. Transmettez nous ce texte (ou motion) par mail. Nous ferons remonter par voie syndicale au ministère les motions qui auront été rédigées dans tous les établissements de France. 

Exemple de motion : cliquer ici. 

  • Organisez avec les personnels grévistes de votre établissement la circulation dans les établissements ou les entreprises qui vous entourent. Ce sera l’occasion de rencontrer d’autres salariés et de discuter avec eux de la nécessité de la grève illimitée. Vous verrez que parmi eux des personnes choisiront de se mettre en grève à leur tour pour se joindre à vous.
  • N’hésitez pas à photocopier votre motion pour la diffuser sous forme de tracts lorsque vous irez à la rencontre d’autres salariés (ou parents d’élèves).
  • En fin de journée, il est important de vous réunir de nouveau sur votre lieu de travail afin de faire un point sur votre journée d’action , vous informer de l’évolution de la mobilisation sur un plan départemental et national, discuter et voter la reconduction de la grève pour le lendemain. Faire cette AG dans votre établissement (et pas ailleurs) vous permettra de tenir informés vos collègues non grévistes. C’est important car il est courant que des personnes qui n’ont pas choisi de faire grève au début d’un mouvement rejoignent finalement leurs collègues grévistes dans la lutte.

Tous les jours : informez-nous de vos actions.

Si vous avez besoin d’aide dans votre établissement

pour construire (ou maintenir) la mobilisation, appelez-nous . 

 

Via notre site internet ou par envoi de mails, nous vous tiendrons informés des actions qui se tiendront sur Rennes (ou ailleurs dans le 35) au fil des jours de la mobilisation (diffusion de tracts, actions banderoles, blocage de sites, AG, manifestations…).

 

Courage à tous dans la lutte!