Exécution du jeune Nahel

Exécution du jeune Nahel, révolte dans les cités : Macron et son gouvernement sont les premiers responsables !

 

Nous tenons à apporter nos condoléances à la famille et aux proches de Nahel, tué mardi dernier par un policier.

Des milliers de personnes ont pris part jeudi à la marche blanche organisée en hommage à cet adolescent. Nous comprenons leur colère et nous la partageons.

Ce drame est l’expression violente d’une situation sociale et d’une dérive autoritaire qui ne cessent de s’aggraver depuis plusieurs années et dont Macron et son gouvernement portent l’entière responsabilité.

 

Notre Confédération a d’ailleurs dénoncé plusieurs fois le recours systématique à la violence d’Etat et l’instrumentalisation de la police en contradiction avec les missions initiales qui lui sont dévolues.

Nous n’oublions pas non plus que Nahel était un de nos élèves.

Nombre de jeunes qui aujourd’hui se révoltent sont nos élèves. Ils laissent éclater leur colère parce qu’ils vivent dans des quartiers où le chômage explose, où l’insalubrité est générale, et où la seule réponse du gouvernement est d’y envoyer plus de CRS, voire l’armée, au lieu d’y réinstaller tous les services publics disparus depuis des années.

 

Après la révolte de 2005, rien n’a changé pour ces jeunes. Les gouvernements successifs n’ont rien fait pour les sortir de l’impasse. Au contraire, les  politiques menées en particulier contre l’Ecole et le droit à l’instruction n’ont fait que les enfoncer toujours plus.

Et comment ne pas faire le lien entre les fermetures de classes, Parcoursup, le service national universel sur le temps scolaire et l’escalade répressive organisée par le gouvernement ?

N’est-ce pas la volonté affichée de mettre au pas cette jeunesse, de substituer au dialogue, à l’écoute des arguments, le passage en force systématique, comme pour la réforme des retraites ?

 

C’est cette politique qui est la seule responsable et qui pousse aux extrémités.

La FNEC FP-FO exige :

– L’arrêt de la répression et des mesures visant à mettre au pas la jeunesse, l’abrogation du SNU,

– Le rétablissement des services publics et l’arrêt des fermetures de classes, d’écoles, de collèges et de lycées,

– L’arrêt de toutes les mesures conduisant à détruire le droit à l’instruction et aux qualifications, le même pour tous quel que soit le quartier où l’on habite, l’abrogation de Parcoursup,

– Le retrait de la réforme Macron-Borne des retraites

Pour l’abandon définitif du SNU

La FNEC FP-FO a été reçue en audience par la secrétaire d’Etat à la Jeunesse, Sarah El Haïry, ce jeudi 11 mai 2023.

Des annonces présidentielles sur le Service National Universel étaient attendues pour le mois de juin. Il n’y en aura pas. L’obligation ou la généralisation, ce ne sera pas pour aujourd’hui, ni même pour demain.

 

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Service National Universel : Macron recule face à la mobilisation

La mobilisation de la jeunesse, lycéens et étudiants aux côtés des salariés et de la population contre la réforme des retraites aura eu raison de ses velléités d’embrigader la jeunesse.

Le président Macron est contraint de renoncer à rendre le Service National Universel obligatoire, « pour l’instant », dit-il. En tout cas il n’a finalement pas présenté cette proposition lors du Conseil des ministres du 28 mars.

 

Car pourtant, c’était un axe de sa campagne ! Levé de drapeaux, 15 jours en internat et en uniforme en lieu et place des cours, travail gratuit sur des missions de service public…

Emmanuel Macron avait expliqué en janvier que le SNU obligatoire permettrait « d’avoir une jeunesse parée à tous les périls », sur fond de guerre en Ukraine et de hausse inédite des budgets militaires (413 milliards d’euros de 2024 à 2030, soit 59 milliards par an : près du double de 2017 !).

Le Président Macron a dû renoncer : son déplacement prévu à Toulon pour présenter cette mesure a été annulé, les salariés avec l’intersyndicale lui réservait le meilleur accueil. Mais surtout : les blocages de lycées et de facs qui continuent depuis des jours, et les milliers de lycéens et d’étudiants rejoignant les cortèges interprofessionnels, malgré la répression, les nasses, les lacrymos, les arrestations arbitraires… Ces violences décidées et organisées directement par le plus haut sommet de l’Etat témoignent de la faiblesse et de la fragilité d’un président minoritaire.

« Dans le contexte, on s’est dit que rajouter un ingrédient dans un cocktail explosif n’était pas une bonne idée », a précisé un conseiller ministériel.

 

Le gouvernement craint la riposte des salariés et de la jeunesse : alors on poursuit. Ce premier recul en appelle d’autres, à commencer par le retrait de la réforme des retraites Macron-Borne, et de toutes les contre-réformes « impopulaires », illégitimes – 49-3 ou pas – que le gouvernement veut engager.

La totalité des syndicats et des organisations de jeunesse appelle les millions de travailleurs et travailleuses, les jeunes et les retraités à continuer de se mobiliser pour le retrait de la réforme des retraites. Elle appelle à une nouvelle grande journée de grève et de manifestations le jeudi 6 avril partout dans le pays.

 

La FNEC FP-FO appelle les personnels à continuer à répondre massivement à l’appel de l’intersyndicale unie et à se réunir partout pour discuter et décider de la grève le jeudi 6 avril.

Montreuil, le 30 avril 2023