Bien qu’ébranlé par la puissante grève du 13 janvier et après avoir rendu plusieurs dizaines de millions d’euros de son budget, le ministre Blanquer s’obstine à vouloir supprimer « 440
emplois » dans les lycées et collèges, « quoi qu’il en coûte » pour la santé des personnels.
Tentant de sauver les apparences, le ministre a recouru à un nouveau mode de présentation de la répartition des moyens enseignants au comité technique ministériel. Fini les tableaux avec le nombre de postes, le nombre d’heures supplémentaires etc. Le ministre ne parle plus que « d’emplois enseignants » et de « moyens d’enseignements », terminologie vague permettant de désigner aussi bien les postes statutaires que des heures supplémentaires, les CDD…
Tout est mis sur le même plan comme si le statut et le contrat étaient équivalents. Tout confirme que cette opération vise à supprimer plus de postes qu’annoncé. On l’a déjà constaté les années précédentes dans les comités techniques départementaux et académiques : un solde positif d’Equivalents Temps Pleins devient un solde négatif de postes statutaires et donc de nouvelles victimes des mesures de carte scolaire.
Sommaire
POSTES : DOUBLE DISCOURS
Dans les établissements, les CA sont convoqués pour tenter de faire accepter la hausse des effectifs par classe, la baisse massive d’heures postes et leurs corollaires : l’augmentation d’heures supplémentaires imposées et les compléments de service.
Mais ça ne passe pas. Les DHG sont rejetées. Les CA reconvoqués. Le poids des HSA est tel que certains chefs d’établissement ne parviennent pas à faire absorber les HSA et annonce qu’il va devoir les rendre alors que les moyens d’enseignement ont encore diminué.
Tout en mettant en garde les personnels sur l’importance de la vague Omicron, le ministre Blanquer poursuit sa politique de fermetures de classes et d’augmentation des effectifs par classe. Certains dépassent les 30 élèves en collège. Conséquence de la réforme du lycée, les effectifs atteignent même parfois 40 élèves par classe.
Ainsi, à Tours, la secrétaire départementale du SNFOLC dresse le bilan dans un lycée : « Autrefois nous étions 9 professeurs de maths, nous ne sommes plus que 7, nous étions 4 profs de SES, il n’en reste plus que 3. Nous étions 9 en histoire-géo, demain 7. Nous étions 7 en SVT et demain 5. »
Les classes sont supprimées massivement comme dans les Ardennes où 14 classes devraient fermer dans la zone de Charleville-Mézières et 6 dans le sedanais. Dans les collèges de l’Eure, pour une baisse d’effectif départementale de 91 élèves, 22 collèges voient leur DHG baisser drastiquement. Plus de 15 divisions sont menacées et 24 postes risquent d’être supprimés. Dès le 27 janvier, 16 collèges ont demandé à être reçus en audience d’urgence.
Dans les Hauts de Seine, au collège Pompidou, contre la perte de 50 heures-postes, la grève a rassemblé 85 % des personnels le 31 janvier et 65 % le lendemain. La grève s’est propagée au lycée Michel Ange de Villeneuve-la-Garenne et au collège Evariste Galois de Nanterre tout proche qui a leur tour, cessent le travail.
RÉSISTER
Après les grèves du 13 et du 27 janvier, les personnels s’organisent pour récupérer les moyens supprimés. Ils convoquent les AG et des conférences de presse, rédigent leurs tracts, mettent en ligne leurs pétitions, tiennent les piquets de grève et en profitent pour diffuser aux parents qui les rejoignent ! Aussi bien dans les départements que nationalement, le SNFOLC les défend, les accompagne.
Le SNFOLC soutient toutes les initiatives pour l’annulation des fermetures de postes, pour la création de tous les postes nécessaires, pour la défense de tous les enseignements. Un préavis de grève est déposé pour couvrir tous les personnels.
TOUT AUGMENTE SAUF LES SALAIRES !
Produits de première nécessité, carburants, gaz, électricité, loyers,… tout augmente dans des proportions jamais vues depuis 50 ans. Entre le 1er janvier 2000 et le 31 décembre
2021, l’inflation en France est de 35,4 %.
Dans le secteur privé, les grèves se multiplient pour les salaires : Carrefour, Lidl, Conforama, Leroy Merlin, Sanofi, Auchan, Décathlon, Labeyrie, Séphora, Alstom, Boulanger, Flunch, Dassault Aviation, Schneider… la liste est longue alors que dans le même temps les entreprises du CAC 40 ont réalisé 60 milliards d’euros de profits au premier semestre 2021.
Les agents de la Fonction publique subissent de plein fouet l’augmentation du coût de la vie et la baisse de leur pouvoir d’achat puisque le gouvernement refuse obstinément de procéder à une augmentation générale des traitements en augmentant la valeur du point d’indice. Les miettes qu’il a distribuées (le « bouclier tarifaire » de Castex) sont sans effet puisque les augmentations de l’énergie ont déjà eu lieu dans des proportions historiques !
Quant à la « prime d’attractivité » de Blanquer, le résultat, c’est que l’avancement d’échelon d’un certifié est presque sans effet sur son traitement jusqu’au 7e échelon ! Ces miettes dispensées à quelques uns ne permettent ni de boucler les fins de mois, ni de compenser les pertes spectaculaires de pouvoir d’achat.
Ainsi, pour un professeur certifié au 11e échelon, le gel de la valeur du point d’indice depuis 2000 aboutit à une perte mensuelle de 793,11€ ! Pour retrouver la valeur réelle du point d’indice de janvier 2000 (en euros constants), il faudrait augmenter sa valeur de 21,68 % !
