9 juin 2026 : un an après l’assassinat de Mélanie Grapinet

ASSASSINAT DE MÉLANIE GRAPINET LE 10 JUIN 2025
UN AN APRÈS, QU’EST-CE QUI A CHANGÉ ?
RIEN.

Le mardi 10 juin 2025, notre collègue Mélanie Grapinet, assistante d’éducation (AED) du collège Françoise Dolto à Nogent (Haute-Marne), était assassinée dans l’exercice de ses fonctions après avoir été poignardée lors d’une fouille de sacs effectuée par les gendarmes aux abords de l’établissement.

Une nouvelle fois, un personnel d’éducation venait de trouver la mort en exerçant ses fonctions. Après ce drame inacceptable, le gouvernement avait multiplié les discours sécuritaires contre une prétendue « violence endémique » de la jeunesse.

Le lendemain de ce drame, en Ille-et-Vilaine, il avait été demandé à des AED, toujours sous le choc, de procéder à une fouille des sacs. FO 35 était alors intervenue immédiatement auprès du Rectorat pour signaler la violence de cet ordre de mission, et demander l’arrêt total de ces pratiques de fouilles à l’entrée des établissements.

Combien de drames faudra-t-il encore avant que le gouvernement remédie à la vulnérabilité des AED dans l’exercice de leurs missions ? A leur précarité ?

 

Dans le 35, un temps de commémoration avait eu lieu, mis en œuvre de manière très inégale selon les établissements, alors que la plupart des personnels n’étaient plus présents. En Ille-et-Vilaine, FO 35 avait demandé un vrai temps de commémoration, qui nous a été refusé.

Sommaire

AUJOURD’HUI, UN AN APRÈS, QU’EST-CE QUI A CHANGÉ ? RIEN.

Presqu’un an plus tard, jeudi 21 mai 2026 un AED a été agressé par un parent d’élève alors qu’il surveillait le portail en Alsace. La raison ? Une détention provisoire de téléphone.

FO 35 constate que de plus en plus d’AED, mais aussi d’AESH, d’enseignants, d’infirmières, signalent des actes de violence au sein des établissements : des AED menacés au portail par des parents, des AED frappés en séparant des élèves, des AED insultés et menacés par des élèves, des AED laissés sans soutien… Les fiches Santé et Sécurité au Travail dans notre département explosent littéralement…

Banalisation des violences subies par les AED et tous les personnels
FO 35 dit stop !

FO 35 s’indigne de cette hausse de la violence qui souligne en creux la prégnance d’une maltraitance institutionnelle toujours plus forte, dûe notamment aux suppressions de poste. En Ille-et-Vilaine ce ne sont pas moins de 70 postes AED temps plein qui ont été supprimés ces dernières années, un véritable plan social !

L’École manque toujours de tout : de personnels enseignants, de médecins, d’AESH, d’assistantes sociales, d’infirmières, d’administratifs, d’AED !
Ainsi, le budget d’austérité Macron-Lecornu c’est 4000 suppressions de postes avec comme effet en Ille-et-Vilaine : 74 fermetures de classe dans les écoles, 54 suppressions de postes dans les collèges, 9 dans les Lycées, 15 suppressions de postes d’AED dans notre académie, un manque criant d’infirmières (il en faudrait 160 de plus dans notre académie pour fonctionner correctement!), des AESH qui vont et viennent (entre démissions et licenciements) tant les conditions de travail sont intenables.

Ce n’est pas en supprimant les postes , ce n’est pas en fermant les structures spécialisées (dans notre département : 1 200 élèves notifiés restent sans affectation en IME et/ou ITEP) qu’on permettra un meilleur encadrement des élèves !

ET LE MINISTÈRE ENTEND CONTINUER DE FAIRE DES ÉCONOMIES
SUR LES CATÉGORIES LES PLUS PRÉCAIRES !

Ainsi, alors que le Conseil d’État sommait le ministère de payer la prime REP et REP+ de manière rétroactive depuis 2015, le ministre GEFFRAY décidait d’appliquer la prescription quadriennale, ne permettant au AESH et AED de récupérer les primes jusque 2021…

En CSA ministériel le 5 mai 2026, le ministère a confirmé avoir annoncé aux académies qu’il n’abonderait aucun budget pour les revalorisations des AED. Ainsi, les AED qui doivent déjà attendre 9 ans (6 ans de CDI et 3 ans dans le 1er échelon) pourraient n’avoir aucune revalorisation pourtant prévue par la loi !

 

Cette décision condamne les AED à rester les seuls agents de l’Éducation nationale dont le salaire est bloqué au SMIC au moment où l’inflation repart à la hausse, où tout augmente notamment le prix des carburants. Les AED n’auront bientôt plus les moyens d’aller travailler. Cette annonce c’est aussi d’une académie à l’autre, pour un même temps de travail, des rémunérations variables.

Et pourtant, les AED sont indispensables au fonctionnement quotidien des établissements scolaires. Cette situation est injuste et ne reflète ni leur engagement, ni leurs responsabilités. La mise en place d’une grille de rémunération et d’avancement indiciaire a été possible pour les AESH, elle doit l’être pour les AED.

 

Le SNFOLC 35 n’accepte pas un tel mépris.
Nous n’acceptons pas les suppressions de postes,
Nous n’acceptons pas la violence que subissent les personnels,
Nous n’acceptons pas leur précarisation.

SALAIRES / POSTES / STATUT / CONDITIONS DE TRAVAIL

 

NOUS REVENDIQUONS :

✔ le respect des droits des AED (très souvent ignorés dans les établissements scolaires) : pauses, autorisations d’absences pour examen, emploi du temps compatible avec les études (négocié et stable sur l’année), refus des heures supplémentaires, missions non extensibles au bon vouloir des chefs…

✔ l’augmentation des salaires des AED, la mise en place à l’échelle nationale d’une grille indiciaire de rémunération pour les assistants d’éducation (et ce dès la première année de CDD), l’indexation de leurs salaires sur l’inflation et la hausse du coût de la vie.

✔ la majoration des heures effectuées le dimanche, les jours fériés et la nuit par les AED en internat, pour la fin du forfait nuit (que chaque heure compte).

✔ la création de postes d’AED dans les vies scolaires, contre les suppressions de postes.

✔ la création d’un statut de la Fonction Publique pour les AED.

✔ Des conditions de travail dignes et sécurisantes.

Pour signer : flasher le QR code ou cliquer ici.