L’actuelle pandémie ne fait pas que des malheureux. Certes, dans les classes laborieuses, elle continue de déverser son lot de drames, et la lenteur avec laquelle la vaccination se met en place n’offre de perspective d’immunité collective que d’ici à de nombreux mois, si le virus n’a pas muté de façon incontrôlable entre temps…
Au nombre des winners, la cinquantaine de fortunes les plus importantes des États-Unis d’Amérique a vu 637 milliards de dollars tomber dans son escarcelle sur la seule année 2020. Partout dans le monde, les sociétés les plus puissantes ont bénéficié d’argent magique public, en cas de coup dur… Partout dans le monde, des états d’exception sont prolongés, et les libertés fondamentales sont mises à mal…
Face aux profiteurs et aux opportunistes, nous sommes dans la situation d’un Grégoire Samsa ( le héros de La Métamorphose de Franz Kafka). Transformés en cloportes renversés sur le dos et pourtant conscients d’être humains, nous nous débattons sans savoir comment retourner la situation !
Et pourtant, le désir d’en découdre reste intact. A preuve, la multiplication des actions revendicatives et des dates auxquelles elles se déroulent : 19 janvier, grève dans les vies scolaires, grève dans l’énergie , le 21 dans la santé et le médico-social , le 26 dans l’éducation nationale, liste non exhaustive … Sans compter les actions du samedi, qui, pour légitimes que soient leurs plate formes d’appel, n’entament en rien la détermination du pouvoir à contre réformer quoi qu’il en coûte, pour reprendre un mot célèbre en son temps, ni celle du patronat à nous imposer suppressions d’emploi, baisses de salaire et obligation de travailler le dimanche et tard en soirée.
Le SNFOLC35 soutient tous les mouvements en cours dans l’Éducation nationale, il en est. Ses militants, pour autant, ne souffrent pas du syndrome de l’entre-soi que les autres organisations du secteur entretiennent chez nos collègues. Quand certains sortent des dates de journée d’action de leur chapeau sans autre motivation que de permettre la respiration sociale qui ne pompe pas l’oxygène du gouvernement, nous recherchons au contraire la jonction avec les salariés des autres secteurs, c’est la raison d’être d’un syndicalisme fédéré et confédéré comme le nôtre. Nous sommes souvent aux côtés de nos camarades de l’Action sociale sur des revendications communes, il nous faut désormais élargir le cercle des secteurs combatifs.
Il y a certes la date du 26 janvier, à laquelle nous appelons, non pour cultiver l’entre-soi, mais bien plutôt pour signifier au ministre Blanquer que sa gestion de la crise est délétère et que ses projets actuels le sont tout autant (avec une mention toute spéciale à ce que pourrait devenir le recrutement des futurs enseignants). Mais le temps de l’entre-soi doit laisser la place à celui de l’action interprofessionnelle, évidence que n’admettent pas facilement les autres organisations avec qui nous sommes amenés à œuvrer dans le cadre intersyndical.
Alors, tout en préparant la réussite du 26 janvier, en dépit de ce que recherchent ses instigateurs, mettons-nous dans les starting blocks pour que le jeudi 4 février soit le coup d’envoi d’une nécessaire riposte interprofessionnelle unitaire. Il incombe à chacun d’entre nous, quel que soit son degré de militantisme, de faire comprendre à tous les collègues que l’entre-soi ne permet de gagner sur rien, pas même les revendications catégorielles, et que seule l’union de tous les salariés sera payante. Formons le vœu que 2021 voie la réalisation de cette aspiration !
Résister, revendiquer, reconquérir !
