Rentrée du 11 mai : les revendications demeurent

Mardi 28 avril, Le Premier Ministre a confirmé la décision de rouvrir les établissements scolaires à compter du 11 mai.

Les conditions sanitaires de réouverture des établissements scolaires ne sont pas garanties

Les modalités présentées lors du discours du Premier ministre confirment les craintes que nous avions quant à la sécurité des personnels. Des départements verts, d’autres rouges, un dépistage seulement pour  ceux qui manifesteront  des  symptômes et leurs contacts (avec des enfants bien souvent asymptomatiques!), des masques « grand public » pour les encadrants (masques filtrants FFP : seules protections individuelles reconnues par le Code du travail), un port du masque « prohibé » pour les élèves en maternelle et « non recommandé » en élémentaire (circulation du virus ?), une rentrée par paliers, des groupes de 15 (dans les couloirs, le self, la cour, les internats…?), du débrouillage au cas par cas selon les établissements (« Les acteurs de terrain trouveront des solutions et je leur fais confiance », sic) avec toutes les responsabilités qui pèseront sur les épaules des personnels, et, à terme, en plus de l’exposition au virus, une double charge de travail (cours en présentiel et en distanciel)…
 
Des écoles et des collègues qui rouvriront donc à partir du 11 mai ? Or, le 20 avril dernier, le conseil scientifique s’est prononcé pour une réouverture en septembre. Dans une étude parue le 12 avril, l’INSERM sur Crépy-en-Valois a montré que les établissements scolaires ont accéléré la circulation du virus, et a considéré que « lever le confinement sans stratégie de sortie conduirait inévitablement à une deuxième vague épidémique qui déborderait le système de santé ». L’étude préconisait de faire de l’ouverture des écoles la dernière étape du déconfinement, et de conditionner celui-ci à un dépistage à grande échelle de la population. Le 16 avril, l’Ordre des Médecins s’opposait à la réouverture des écoles le 11 mai, dénonçant un « manque absolu de logique ».
 
Nul n’est dupe des réelles motivations du chef de l’État et du gouvernement : il s’agit de remettre l’ensemble des salariés – du public comme du privé – au travail, sans aucune considération du risque sanitaire qu’ils encourent. Les deux tiers de parents d’élèves interrogés dans le cadre d’un récent sondage ont plus que jamais raison de ne pas souhaiter envoyer leurs enfants à l’école le 11 mai. Car en laissant ainsi le choix aux familles, le gouvernement reconnaît lui-même qu’il met en danger élèves et personnels.

Quelles modalités de contestation ?

Signer la pétition lancée par la FNEC-FP-FO

Sans dépistage systématique des personnels et des élèves, sans toutes les mesures de protection nécessaires, aucune reprise n’est possible ! C’est ce qu’exige la pétition de la  FNEC FP FO, qui a déjà recueilli plus de 55. 000 signatures. Vous pouvez la signer et la faire circuler en cliquant ici.

Droit de retrait et droit de grève
Considérant que les conditions ne sont pas réunies pour une reprise le 11 mai, Force ouvrière a mis en œuvre la procédure d’alerte à tous les niveaux (national, académique et départemental)  pour permettre aux personnels qui le souhaiteront d’exercer leur droit de retrait. Aucun personnel ne doit être exposé ! Attention : un agent qui pense qu’une situation de travail présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé doit d’abord contacter nos représentants des personnels au CHS-CT afin de s’assurer de la bonne démarche à suivre. En effet, le droit de retrait obéit à un processus précis.
 
Par ailleurs, un préavis de grève a également été déposé par la fédération pour couvrir toutes les éventuelles initiatives.

Plus que jamais les revendications demeurent

  • Aucune suppression de postes et création de tous les postes nécessaires à hauteur des besoins ;

  • Respect du décret fonction publique 2016-151 du 12 février 2016 qui encadre le télétravail ;

  • Aucun licenciement ou non-renouvellement de personnels non titulaires ;

  • Maintien des diplômes nationaux ; abandon de la réforme du BAC, des E3C et de Parcoursup ;

  • Titularisation de tous les stagiaires prononcée en juin, sans aucun retard au 1er septembre ; aucune prolongation jusqu’en décembre ; non à l’oral de titularisation pour les admis aux concours externes d’enseignement 2020 programmé fin de l’année 2020/2021, admission sans condition des admissibles aux concours externes et internes ; non à la réforme de « préprofessionnalisation » des concours ;

  • Abrogation de la loi de transformation de la Fonction publique : défense des CAP et de leurs prérogatives, défense inconditionnelle des CHS-CT ;

  • Respect des instances de représentation des personnels ;

  • Abrogation de la réforme territoriale : non aux régions académiques ;

  • Augmentation des salaires et de la valeur du point d’indice ;

  • Abrogation des ordonnances de la loi d’urgence sanitaire ;

  • Retrait de la réforme des retraites.