Deux ans après l’assassinat de Samuel Paty, où en est-on ?

Le 16 octobre 2020, Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie, est assassiné par arme blanche et décapité peu après être sorti de son collège de Conflans-Sainte-Honorine, pour avoir montré dix jours auparavant deux caricatures de Mahomet issues du journal satirique Charlie Hebdo lors d’un cours d’enseignement moral et civique sur la liberté d’expression avec ses élèves de quatrième.

Dans les huit mois qui ont suivi cet assassinat, l’ex-ministre Blanquer s’est opposé à ce que le Comité Hygiène, Sécurité et Conditions de travail (CHSCT) soit réuni dans l’académie de Versailles.

 

La détermination de la FNEC FP-FO, seule, à tous les niveaux, a permis que l’enquête du CHSCT voie le jour. Après des mois d’entretiens, le CHSCT a émis des préconisations le 28 juin 2022.

Force est de constater que le ministre, très prolixe en ce moment sur le sujet de la « laïcité » à l’École (et moins sur les manquements graves à la loi de 1905 de son propre gouvernement, loi école de la confiance, loi séparatisme, hausse du financement public des établissements privés…), ne dit pas un mot sur ce qui lui revient de mettre en œuvre aujourd’hui pour protéger les personnels, après les conclusions de la délégation d’enquête du CHSCT !

D’autant que, dans un contexte d’attaques répétées du président Macron et de ses gouvernements contre le Statut général des fonctionnaires et les statuts particuliers, la réglementation concernant la protection fonctionnelle, prévue dans l’article 11 de la loi 83-634 du 13 juillet 1983, n’est pas respectée – avec des situations de demandes auxquelles il n’est pas répondu dans le délai légal.

La FNEC FP-FO demande l’appui systématique par l’employeur des demandes de protection fonctionnelle. C’est de la responsabilité du ministre !

 

Et pourtant, deux ans après l’assassinat de Samuel Paty, rien ne change… De nombreuses demandes de protection fonctionnelle restent lettres mortes.

 

La FNEC FP FO continue de rappeler au ministre que le Statut général des fonctionnaires est le garant de la neutralité et de la laïcité dans la Fonction publique.  Notre statut doit être préservé, et les agents protégés ! 

Soutien aux salariés des raffineries en grève : Leurs revendications doivent être satisfaites !

Pas touche au droit de grève !

La FNEC FP-FO apporte son soutien aux salariés des raffineries Total Énergie et d’Esso- ExxonMobil en grève pour revendiquer des augmentations de salaires. Ils ont raison !

 

« Pour que cesse le blocage du pays, » le gouvernement vient de lancer les procédures de réquisitions des personnels. Il menace également d’envoyer les forces de l’ordre débloquer les dépôts. Il fait le choix de recourir à la force, contre le droit de grève ! Inacceptable !

Qui « bloque le pays » ? Qui bloque, qui restreint ? Qui a fait passer sa loi sur le « pouvoir d’achat » qui encourage le patronat à refuser toute négociation sur les salaires ?

Qui, si ce n’est ceux qui, au gouvernement, derrière M. Macron et Mme Borne, multiplient les mesures de restrictions, de « sobriété », et envisagent de faire travailler jusqu’à 65 ans ?

 

La tentative du gouvernement d’opposer les salariés entre eux est inacceptable !

Les revendications des grévistes des raffineries sont légitimes et communes à tous les salariés du privé comme du public, dont les personnels de l’Education nationale, de la Culture, de la Formation professionnelle, qui savent bien les difficultés liées à la vie chère qui chaque mois pèse toujours plus sur les ménages.

 

Et ce ne sont pas les 3,5 % d’augmentation du point d’indice, loin de compenser l’inflation, ni le « travailler plus pour perdre moins » du Ministre Ndiaye, qui sauront nous contenter !

L’heure est effectivement à la préparation de la grève, pour obtenir la satisfaction de nos revendications salariales, pour stopper les attaques statutaires et la contre-réforme des retraites que prépare le gouvernement.

 

La FNEC FP-FO invite les personnels à se rassembler dans les assemblées générales pour établir les revendications et les moyens de les faire aboutir.

Contre la répression anti-syndicale : rassemblement devant la DSDEN le 11 octobre à 17h30

Dimanche 4 septembre, Kai Terada, co-secrétaire départemental de SUD éducation 92 et enseignant au lycée Joliot-Curie de Nanterre (92), s’est vu notifier par le rectorat une suspension de 4 mois.

 

Jeudi 22 septembre, au lendemain d’un rassemblement d’ampleur devant le ministère, Kai recevait du rectorat son arrêté d’affectation dans un établissement, rendant effective la « mutation dans l’intérêt du service » dont il fait l’objet.

Il s’agit manifestement d’un nouveau cas de répression anti-syndicale. Les justifications données par le rectorat à sa mutation mentionnent notamment le fait que son militantisme déborde « l’exercice normal d’une activité syndicale ». Et effectivement, Kai est bel et bien un militant syndical actif au niveau local, régional comme national, depuis de nombreuses années : c’est cela qui a motivé l’administration a engager des poursuites contre lui.

Avec Macron, la répression anti-syndicale a pris une ampleur inédite, dans les rassemblements, manifestations, et y compris dans les établissements scolaires.

 

La mobilisation contre la mise en place des E3C en 2019 a entraîné une vague de répression très forte, contre les personnels et les lycéen•nes au lycée de Melle (79), au lycée Mauriac de Bordeaux (33), au lycée Blaise Pascal de Clermont-Ferrand (63), mais aussi dans notre département, au lycée de Monfort-sur-Meu ou encore par la mutation d’Édouard Descottes du lycée de Jean Macé.

Au-delà des mobilisations, le développement de pratiques managériales autoritaires touchent de plus en plus de personnels : à l’école Marie Curie de Bobigny (93) ou à l’école Pasteur de Saint-Denis (93), des « mutations dans l’intérêt du service » ont été utilisées à l’encontre d’enseignant•es.

A chaque fois, nos organisations se sont fortement mobilisées pour soutenir les collègues.

 

La répression contre Kai Terada s’inscrit donc dans une vague de procédures de mutations « dans l’intérêt du service », en réalité des opérations de répressions anti-syndicales déguisées. Celles-ci, facilitées par la loi de transformation de la Fonction publique de 2018, sont devenues un outil, pour la hiérarchie administrative, pour se débarrasser à peu de frais des enseignant•es syndicalistes, sans procédure contradictoire. C’est bien souvent le « climat » de l’école ou de l’établissement qui est invoqué de manière abusive.

Cette vague de répression se poursuit donc avec le ministre Ndiaye. Elle doit cesser définitivement : les droits syndicaux, le droit de grève et de manifestation ne doivent en aucun cas être entravés.

 

Nos organisations exigent que Kai Terada, ainsi que tous les personnels de l’Éducation nationale concernés soient rétablis immédiatement dans leurs fonctions et que le motif de la suspension soit communiqué à Kai.

 

Nous demandons que le Recteur de Rennes réintègre Edouard Descottes sur son poste.

 

Nous dénonçons ces multiples suspensions et mutations comme autant d’entraves et tentatives d’intimidation à l’exercice du droit syndical et revendiquons l’abrogation de la Loi de la transformation de la Fonction publique.

C’est pourquoi nos organisations appellent l’ensemble des personnels
à un rassemblement le mardi 11 octobre à 17h30 devant la DSDEN.

 

Tract à télécharger ici.