Inclusion scolaire : où en sommes-nous 20 ans après la loi Montchamp ?

Seule la FNEC FP-FO a voté contre les décrets d’application de la Loi Montchamp de 2005 lors du Conseil Supérieur de l’Education (CSE) du 20 octobre 2025.

Nous allons « fêter » en février le 20ème anniversaire de la Loi Montchamp sur le Handicap de 2005.

 

Dans l’enseignement, cette loi a introduit un changement de paradigme : tous les enfants et adolescents handicapés sont désormais inscrits et inclus par défaut dans les écoles et les classes ordinaires, les droits aux soins et à un enseignement spécialisé adapté selon la nature et le degré du handicap n’étant plus la norme mais l’exception.

20 ans après la loi Montchamp de 2005
Où en sommes-nous ?

 

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AESH, inclusion scolaire : Non à l’acte 2, satisfaction des revendications !

Depuis la rentrée, le constat est sans appel, il manque des AESH partout.

Les AESH et les enseignants sont confrontés à des situations impossibles et culpabilisés. Les signalements aux registres santé et sécurité explosent. La dégradation des conditions de travail n’a jamais été aussi forte.

 

Pourtant, le ministère continue, à travers l’acte 2 de l’Ecole inclusive, sa politique dogmatique d’inclusion systématique et forcée, de mutualisation des moyens, de destruction de l’enseignement spécialisé et des Etablissements Sociaux et Médico-Sociaux.

Les PIAL, vecteurs de mutualisation à outrance restent en place. Pire, l’acte 2 prévoit la généralisation des PAS, actuellement expérimentés dans 4 départements (Aisne, Côte-d’Or, Eure-et-Loir, Var).

 

Un document ministériel explique que le PAS permet à l’Education nationale de reprendre la main sur une partie des réponses à apporter pour les élèves à besoins particuliers avant sollicitation de la MDPH.

 

Selon le même document, le PIAL est un service de gestion quantitative des emplois du temps des AESH, tributaire de la ressource humaine disponible.

Autrement dit, s’il n’y a pas assez de ressource humaine disponible, contournons les notifications donc les besoins !

 

Pour lire la suite :

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PIAL et PAS : des outils de destruction

Avec les PIAL, les conditions de travail des AESH, mais aussi des enseignants, continuent de se dégrader : mutations arbitraires, non remplacement des AESH démissionnaires, retraités ou en arrêt maladie, délais insupportables de traitement des dossiers MDPH, diminution de plus en plus importante du nombre d’heures d’accompagnement des élèves notifiés, refus de l’administration de créer les postes d’AESH nécessaires pour améliorer les conditions d’accueil des élèves, dislocation des établissements médico-sociaux intégrés en équipes mobiles dans les PIAL …

Avec les PAS, c’est l’Education Nationale qui décidera désormais de la quotité horaire d’accompagnement et non plus les MDPH !

 

Et c’est dans ce contexte que le salaire des AESH reste scandaleux. Ils doivent avoir un vrai statut avec un vrai salaire !

Pour télécharger et diffuser ce document : c’est ici.

Ecole inclusive : arrivée des DAR dans les collèges et les lycées

Ce dispositif a été présenté dans une instruction ministérielle du 5 septembre (donc élaborée par le gouvernement démissionnaire).

De quoi il s’agit ?

Le dispositif DAR vise à inclure des élèves avec des troubles du neurodéveloppement en classe ordinaire.

Il est destiné à accueillir des élèves avec TND – troubles du neuro-développement : trouble du spectre de l’autisme [TSA], troubles spécifiques du langage et des apprentissages [dys], trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité [TDAH], trouble du développement intellectuel [TDI].

Les élèves sont orientés par la commission des droits et de l’autonomie des personnes en situation de handicap (CDAPH). Ils arrivent en collège comme en lycée : « L’autorégulation est accessible aux élèves avec un TND (TSA, dys, TDAH, TDI) quelle que soit la modalité de scolarisation précédente, y compris dans le cas d’une rupture de parcours qui nécessite une attention particulière de la part de l’équipe pédagogique du lycée et de l’équipe pluriprofessionnelle
d’autorégulation. »

 

Pour combien d’élèves ?

Si « à la création de l’équipe pluriprofessionnelle d’autorégulation, l’effectif comprend 10 élèves », et si « selon les situations, il peut être convenu, avec l’accord écrit de l’agence régionale de santé (ARS) et de la DSDEN de rester,
pour une durée déterminée, en-deçà de l’effectif de 10 élèves avec TND (TSA, dys, TDAH, TDI) mais a minima de 7 », en fait « il n’y a pas de capacité maximum d’accompagnement d’élèves définie pour l’équipe pluriprofessionnelle d’autorégulation » !

 

Qui décide ?

« Le déploiement de l’autorégulation dans une école, un collège ou un lycée relève d’une initiative conjointe du recteur d’académie et du directeur général de l’agence régionale de santé (ARS). »

Aucun AESH pour encadrer ces enfants.

Des dispositions sont prévues (un enseignant supplémentaire non spécialisé affecté sur poste à profil, intervention de personnels médicaux sociaux, une salle d’ « autorégulation ») dont surtout, un partenariat quotidien entre tous les membres de l’équipe pédagogique, médico-sociale et périscolaire, un accompagnement des aidants et un partenariat fort avec les familles concernées !

Et le texte ministériel annonce la mise en place de réunions régulières pour réaliser ce partenariat…

 

Quid des obligations règlementaires de service des enseignants ?

La question de la rémunération des enseignants face au travail supplémentaire imposé est totalement absente du texte. Qui peut croire que de telles dispositions permettront aux élèves concernés de suivre une scolarité complète ? Que devient le droit de ces élèves à sortir du système scolaire avec une formation leur permettant une réelle qualification ?

La réalité toute crue de ce dispositif a été donné par le Recteur de l’académie d’Amiens lors d’une audience. Le coût d’une scolarisation en enseignement spécialisé est de 45 000 euros par élève. Le financement d’un DAR est annoncé à 180 000 euros soit 18 000 euros par enfant si leur nombre ne dépasse pas 10 !

 

De fait, dans le cadre de l’Acte 2 de l’École inclusive, ce dispositif entérine l’externalisation des ESMS conformément à la volonté du précédent gouvernement de démantèlement de l’enseignement spécialisé.

 

Est-on obligé d’assurer l’accueil des élèves dans la salle dédiée au DAR si les membres de l’équipe du service médico-
social en sont absents ?

Comme il est prévu que ces personnels soient répartis sur plusieurs établissements, ils ne seront pas présents en continu dans cette salle. La présence d’un adulte va se poser et l’on va forcément demander à un enseignant d’accueillir ou d’encadrer ces élèves.

Aucune obligation ne peut être faite à un enseignant de prendre en charge ni même de surveiller les élèves dans cette salle ni ailleurs sans la présence d’un personnel médico-social. Le statut des enseignants ne l’autorise pas. Ni les missions d’enseignement ni les missions liées à l’enseignement n’autorise le professeur à se substituer à un personnel médico-social.

Si on vous le demande, demandez un écrit et contactez le syndicat qui saura faire respecter vos droits attachés à votre statut.

Est-on obligé d’accueillir ces élèves dans nos classes sans la présence d’un personnel médico-social ?

Oui de la même façon que l’on accueille les élèves en situation de handicap avec ou sans AESH mais il est indispensable d’alerter la direction de l’établissement si vous ne pouvez assurer la sécurité de ces élèves.

Il faut alors le signaler en remplissant le registre SST et alerter le syndicat et ses délégués à la formation spécialisée qui pourront intervenir à tous les niveaux.

 

Pour télécharger et diffuser le tract : c’est ici.