Remise en cause des concours de recrutement

NOUVEAU COUAC DANS LE DÉROULEMENT DU CAPES , UN HASARD ?

À l’heure où le CAPES, tout comme l’agrégation sont menacés par le président-candidat, c’est une épreuve du CAPES annulée et des candidats soumis à un engrenage intenable.

Sur les concours du second degré, c’est quand même, pour 2022, la deuxième turbulence. Souvenons-nous que lors de l’agrégation interne d’espagnol, les candidats ont eux aussi dû repasser une épreuve car le sujet avait déjà été donné lors d’une session antérieure du CAPES.

Pour le SNFOLC et la FNEC FP-FO, ces dysfonctionnements en chaîne sont révélateurs. On se rappelle, par exemple, que le baccalauréat a été remis en cause au nom d’un diplôme trop lourd, trop cher, trop compliqué et où les erreurs de sujets se sont multipliées .

 

Pour l’entrée des futurs lauréats de concours dans l’Education nationale, c’est la même logique. Madame Montchalin, ministre de la Transformation de la Fonction publique, ne vient -elle pas encore de déclarer le 30 mars, « que le métier compte plus que le diplôme initial ». CQFD : plus de concours, mais « l’appétence au métier ». Le prétendu « métier d’enseignant », c’est aussi la fin des statuts particuliers de certifiés, agrégés, PE, PEPS, etc. des horaires d’enseignement qui en découlent. Toujours la ministre de la Transformation de la Fonction publique qui fait feu de tout bois, annonce, le 28 mars, que les enseignants gagneront mieux s’ils font des missions en plus afin de reconnaître leur vrai travail.

LE MÉPRIS DONT SONT VICTIMES LES CANDIDATS, C’EST L’AFFAIRE DE TOUS. PERSONNE NE VEUT LA DISPARITION DE L’ENSEIGNEMENT DISCIPLINAIRE ET DES CONCOURSL’ENSEIGNEMENT CONCOURS

A Nantes, le 30, des candidats, certains en grève, se sont rassemblés devant le rectorat. FO était présente. Dans le Doubs, les témoignages des étudiants affluent. Partout dans la presse, étudiants, professeurs, associations de spécialistes, à juste titre, s’indignent et soutiennent les candidats.

Personne ne peut cautionner la disparition de l’enseignement disciplinaire, des concours et des statuts. C’est contraire à l’École de la République pour tous.

INCOMPRÉHENSION, SENTIMENT DE MÉPRIS, INDIGNATION : C’EST LA COLÈRE QUI DOMINEC’EST DOMINE

Le SNFOLC avec la FNEC FP-FO soutient totalement la révolte des candidats.

Les étudiants ont reçu un « mail » le 28 mars leur indiquant que l’épreuve était annulée et reportée au 12 avril.

Les candidats sont victimes de la politique du ministre qui a décidé de réduire à peau de chagrin les concours pour passer à un recrutement local et au profil. La défense des concours et du statut est à l’ordre du jour. Pas besoin de cabinets de conseils pour organiser les concours, mais de rétablir les postes pour que les concours se déroulent dans la sérénité et le plus favorablement possible pour les candidats.

 

LES CANDIDATS DOIVENT AVOIR TOUTES LES CHANCES DE REPASSER AVEC SUCCÈS LEUR ÉPREUVE

Remboursement de tous les frais d’hébergement y compris des nuits d’hôtel et de tous les déplacements.

Un nombre non négligeable de candidats qui sont des étudiants salariés ne pourront pas honorer le contrat de travail pour lequel ils se sont engagés pendant les congés, ils sont en difficulté .

FO demande au ministre de les dédommager à hauteur de leur contrat pendant cette période. Tous les candidats doivent pouvoir avoir à nouveau un temps de révision et sans contrepartie.

 

AUCUN CANDIDAT NE DOIT ÊTRE PÉNALISÉ PAR CETTE SITUATION ET DANS SES CHANCES DE RÉUSSITE, QUE CE SOIT POUR LE MASTER COMME DANS LE CONCOURS

Le ministre doit donner un signe fort pour recruter les personnels dans les collèges et lycées : il doit abonder les listes complémentaires. En 2021 sur tous les CAPES externes, il n’avait permis que 27 lauréats sur les listes complémentaires dont 17 en histoire-géographie.

Au regard de la difficulté de pouvoir passer normalement le concours, des postes supprimés dans le second degré, et ce dans un contexte, où le nombre de candidats inscrits au CAPES relève « du secret défense », le ministre doit prendre ses responsabilités et répondre aux revendications.

C’est en ce sens que le SNFOLC s’adresse au ministre.

Infos sur les masters MEEF

La réforme du ministre Blanquer dite « de la formation des enseignants », c’est la destruction des concours et du Statut. Sa mise en œuvre engendre de plus de fortes désorganisations.

Il faut en effet ménager des « berceaux » pour les étudiants de master, contractuels dits « alternants » (en gros, à 1/3 temps) comme pour les nouveaux entrants, fonctionnaires stagiaires désormais à plein temps (au lieu de mi-temps jusqu’ici).

 

Le tableau ci-dessous résume les différentes situations.

 

Pour rappel, en 2009-10 la FNEC-FP FO a été la seule à demander l’abandon de la mastérisation de la formation et des concours d’enseignement, qui avait eu pour conséquence de diviser le nombre de candidats au concours par deux et de faire passer les obligations d’enseignement des fonctionnaires stagiaires de 1/3 à 50 %.

 

La réforme du ministre Blanquer dite « de la formation des enseignants » poursuit la destruction. La situation pour la prochaine rentrée est encore plus inquiétante puisqu’avec le retardement du concours à Bac+5, seuls ceux qui auront échoué au concours l’an dernier sont en mesure de candidater. Ce faible vivier de candidats prépare un recrutement encore plus faible. Les personnels vont manquer à l’appel pour la rentrée 2022 alors que cela craque déjà de partout !

Cette réforme, c’est donc aussi :

Une énorme destruction de postes

-> avec le passage des obligations d’enseignement des lauréats de concours, fonctionnaires stagiaires, de 50 à 100 %. Il y aura en 2022 environ 18 500 postes offerts au concours, 1er et 2nd degrés confondus. Ce sont donc ainsi près de 9250 postes qui sont « économisés » ;

-> avec l’emploi des étudiants de master « alternants » préparant le concours comme « bouche-trous » dans les écoles, collèges, lycées. 12 000 étudiants environ sont concernés cette année encore. Soit un volume de 4 000 postes ou ETP.

Une dégradation généralisée des conditions de travail et de la rémunération

-> pour les lauréats du concours, qui seront à 100 % au lieu d’être à mi-temps, comme c’était le cas jusqu’en 2021-22 (sauf ceux qui seront détenteurs d’un master autre que MEEF, qui resteront à 50 % mais qui n’auront eu aucune formation préalable au professorat).

-> pour les étudiants « alternants », qui continueront d’être placés en responsabilité devant des classes tandis qu’ils ont à préparer et le concours et le master.

Pour eux, la dégradation va encore s’accentuer car dans certains cas (selon les académies ou filières), pour les entrants en M1 à partir de sept. 2022, le contrat prendra place à cheval sur la 1e et la 2e année de master, en sorte de laisser libre le 2nd semestre de 2e année pour qu’ils puissent passer le concours sans avoir à enseigner en même temps… Mais ceci veut dire aussi qu’ils commenceront à faire cours au 2e semestre de la 1e année (en février) et reprendront une classe (la même… ou une autre) au 1er semestre de leur 2e année de master (en l’occurrence, en septembre 2023).

Quelle que soit la configuration, tout ceci pour 687 euros nets/mois !

-> pour les collègues en poste : il faut en effet ménager les « berceaux » et trouver les heures pour les contractuels alternants, dont les emplois du temps sont complexes puisqu’ils cumulent enseignements en responsabilité, études à l’INSPÉ et études dans les filières disciplinaires des universités. Il faut aussi encadrer ces étudiants. Les blocages de mouvements, déjà en très forte croissance dans certaines académies ou certaines disciplines, vont donc encore s’accentuer puisqu’à partir de la rentrée 2022, il va falloir dégager aussi tous les demi-postes supplémentaires nécessaires pour accueillir les lauréats de concours, désormais pour la plupart à 100 % (au lieu de 50 %).

Un banc d’essai pour la contractualisation généralisée

La mise en place des étudiants contractuels « alternants » sous-rémunérés développe de fait la contractualisation, ce qui s’inscrit parfaitement dans la mécanique de la loi de transformation de la Fonction publique ! C’est aussi la rampe de lancement du programme de Macron pour mettre fin au statut et à la carrière, comme l’illustre son annonce de suppression du CAPES.

C’est pourquoi la FNEC FP-FO revendique :

-> Abrogation de la masterisation et de la réforme Blanquer des concours !

-> Recrutements sous statut à Bac+3 avec une véritable formation pendant l’année de stage !

-> Réemploi et titularisation de tous les contractuels qui le souhaitent !

-> Arrêt des suppressions de postes et les ouvertures de postes nécessaires pour assurer tous les enseignements à tous les élèves.

Contractuels alternants M1 : le contrat contre le statut

Depuis cette année, les concours de recrutement des enseignants sont placés à bac+5, aggravant encore la réforme de la masterisation. Pendant leur année de M2, les étudiants ont pu choisir de devenir « contractuels alternants » ayant ainsi à assurer les cours, préparer leur concours et valider le Master la même année, tout ça pour 722€.

Le ministère a donc retiré des postes aux mouvements intra 2021 pour créer des « berceaux » pour ces nouveaux contractuels. Dans de nombreuses académies, les étudiants ne s’y sont pas trompés et n’ont pas accepté de subir de telles conditions. Beaucoup de postes sont donc restés vacants, désorganisant la rentrée.

 

Dans un établissement de l’académie de Rouen, un étudiant en M1 MEEF a commencé son contrat d’un an en janvier 2022. Le rectorat lui réserve ce support jusqu’en janvier 2023. Conséquence, un titulaire de sa discipline subit une carte scolaire car il n’y a plus assez d’heures à la rentrée prochaine. C’est ni plus ni moins un support de contractuel qui supprime un poste de titulaire.

Les étudiants alternants sont surchargés de travail et n’ont pas le temps de préparer correctement le concours. Ils sont deux jours par semaine dans leur établissement d’affectation avec des classes en responsabilité. Ils doivent donc jongler avec les préparations de cours, les copies à corriger et les attentes de l’INSPE pour valider leur master MEEF. Comment préparer correctement le concours tout en débutant dans l’enseignement ? Mis en difficulté aussi bien dans leur projet de concours, que face aux élèves, ils sont fragilisés jusqu’à leur année de stage qu’ils devront réaliser à temps plein face à élèves. Le ministère exploite délibérément ces personnels et compromet leur avenir.

 

Malgré l’opposition unanime des syndicats, le ministère veut développer le nombre d’alternants contractuels. La nouvelle épreuve d’entretien à l’oral permettra de privilégier les étudiants qui auront pu subir cette insupportable année de Master 2 mais les étudiants contractuels alternants n’ont pas le temps de préparer les écrits…

 

Par ailleurs, de nouvelles règles d’affectation des stagiaires seront communiquées en juin.

Le SNFOLC revendique le rétablissement des fonctionnaire-stagiaires et l’abrogation de la réforme des concours et de la masterisation rejetées aussi bien par les étudiants que les personnels.

Contractuels alternants MEEF : vous avez des droits

Vous êtes contractuels « alternants » et en même temps étudiants en master MEEF dans le cadre de la « réforme de la formation des enseignants ». Cette année, les contrats ont normalement été réservés aux Masters 2.

Vous vous retrouvez à devoir préparer le concours tout en finissant le Master avec un ou des mémoires, des UE à passer et surtout en ayant des classes en responsabilité. C’est un véritable parcours du combattant.

L’État employeur met en difficulté les enseignants en formation alors que ces derniers devraient être protégés et soutenus ! Si FO s’est opposée à cette nouvelle réforme, dite « réforme de la formation des enseignants », ce n’est pas pour rien.

 

Ne restez pas isolés !

Contrat, rémunération, évaluation, FO vous aide à connaître vos droits, les faire valoir. FO intervient auprès de l’administration face aux obstacles rencontrés dans cette formation hors norme. Elle le fait tout autant pour les stagiaires 2021.

 

Le droit à un contrat

En devenant « contractuel alternant », vous êtes devenus contractuels de droit public de l’Education nationale.

Votre contrat d’agent contractuel garantit un salaire et vous couvre en cas d’accident du travail. Un double portant votre signature et celle de l’employeur doit vous en être remis. Il vous permet de faire valoir des droits.

Droit à une rémunération

Elle est de moins de 700 euros nets, ce qui se passe de commentaire. S’y ajoute le tiers d’indemnité de suivi des élèves (ISAE dans le 1er degré, ISOE dans le 2nd degré). Cette indemnité est versée mensuellement.

Vous avez droit aussi au paiement de l’IR (indemnité de résidence) en fonction de votre lieu d’habitation. Et ce toujours au prorata de votre temps de travail.

Si vous constatez du retard dans le paiement de votre salaire ou de vos indemnités, un calcul qui vous semble incompréhensible, contactez-nous.

 

ATTENTION, GARDEZ BIEN VOS FICHES DE PAIE à télécharger via l’ENSAP : ceci vous sera utile pour reconstituer votre carrière et votre reclassement.

Droit à ne pas être affecté dans des écoles et établissements en REP+, en CP, CM2 ou dans les classes à examens

C’est ce que précise la note de service ministérielle du 27/11/2020.

Si vous êtes néanmoins dans ce cas, contactez-nous pour obtenir que FO intervienne en cas de problème.

Droit à un temps de service défini 

La situation la plus courante pour votre temps de travail en établissement est :

dans le 1er degré : de 8h d’enseignement hebdomadaire + 1h (correspondant au 1/3 des 108h annuelles dues par les Professeurs des Ecoles) ;

dans le second degré : de 6h d’enseignement hebdomadaire, avec la participation aux missions liées et aux conseils de classe.

En tout état de cause, les heures d’enseignement hebdomadaire à assurer ne peuvent dépasser 12h dans le 1er degré, 9h dans le 2nd degré.

Par ailleurs, il n’y a pas d’exigences réglementaires qui puisse conduire à allonger indéfiniment votre temps de service dans l’établissement.

Attention à l’évaluation !

Votre pratique professionnelle sera évaluée dans le cadre du master MEEF et, si l’évaluation est satisfaisante, elle permet la délivrance d’un certain nombre d’ECTS (au minimum 20, en général 30).

L’évaluation est faite en général par les deux tuteurs (« de terrain » et de l’INSPÉ). Ils n’ont aucun pouvoir hiérarchique sur vous.

Si cependant l’évaluation n’est pas satisfaisante, vous courrez le risque de ne pas avoir le Master (même si vous avez le concours par ailleurs).

N’hésitez pas à demander en amont aux tuteurs si tout va bien. Il n’y a aucune raison que votre année de M2 ou votre réussite au concours aient à pâtir de problèmes relationnels.

FO vous conseillera et vous aidera.

Master : ce qui est acquis est acquis !

Vous avez sans doute déjà validé des UE de Master 2. Il n’y a aucune raison d’avoir à recommencer ce que vous avez déjà validé, même sous couvert « d’approfondir votre formation » ou de « renforcer une compétence ».

La Fédération Force Ouvrière de l’Enseignement, de la Culture et de la Formation Professionnelle (FNEC FP-FO) s’est opposée à cette réforme et a porté ses revendications dans toutes les instances.

Elle a été la seule à voter contre les maquettes de Master MEEF, que le ministère a fait remonter de force alors que les équipes de formations des INSPÉ comme les universitaires des Facultés avaient nettement déclaré leur opposition à la réforme.

Nous demandons un concours au niveau licence et une formation professionnelle sous statut d’élève fonctionnaire, ainsi que le rétablissement des réductions de service lors de l’année de fonctionnaire stagiaire.

Ouverture des listes complémentaires et droit à la titularisation pour tous les stagiaires !

Le ministère a communiqué le bilan des campagnes de titularisation des personnels stagiaires des huit dernières années. Ce bilan ne fait que confirmer une politique de contractualisation dans l’éducation nationale que le SNFOLC combat. Alors qu’en 2014/2015 il avait été possible de recruter 19 313 personnels du second degré, seuls 11 881 l’ont été en 2019/2020 soit une baisse de 7432 postes, 40% de moins !

Le SNFOLC a exigé, à tous les niveaux, le recrutement des listes complémentaires aux concours 2020. Des milliers de personnels admissibles n’attendaient que de pouvoir entrer dans le métier avec une formation et un statut.

 

Mais non ! Le ministre Blanquer préfère se limiter à recruter des contractuels avec de scandaleux contrats de 3 mois, parfois renouvelables et à annoncer la suppression de 1800 postes supplémentaires à la rentrée 2021, soit 2 fois plus qu’en 2020 malgré les 43 500 élèves en plus. Pour les concours 2021, le ministère a refusé de donner la consigne d’ouvrir les listes complémentaires dans toutes les disciplines. Les listes complémentaires doivent permettre de pourvoir les postes suite aux désistements et le SNFOLC continuera d’exiger leur utilisation pour compenser les milliers de suppressions de postes.

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