Assassinat dans un lycée d’Arras ce vendredi 13 octobre 2023

Ce vendredi 13 octobre 2023, un professeur d’un établissement d’Arras a été assassiné durant son service. Deux autres personnels (un professeur, un agent technique) ont été gravement blessés.

 

La FNEC-FP-FO adresse ses sincères condoléances et tout son soutien aux familles, aux proches, aux personnels et aux élèves de l’établissement dont elle partage l’effroi.

 

Pour la FNEC-FP-FO, cet évènement tragique souligne une nouvelle fois la nécessité de protéger, autrement que par des discours, l’Ecole publique et ses personnels qui mettent leur vie au service du droit à l’instruction des élèves.

Trois ans après le meurtre de Samuel Paty, comment se fait-il que l’on puisse entrer dans un lycée avec une arme ? Comment se fait-il que l’on puisse tuer un professeur de l’enseignement public, blesser des personnels ? Comment se fait-il que le ministre Jean-Michel Blanquer se soit opposé pendant 8 mois après l’assassinat de Samuel Paty à ce que le Comité Hygiène, Sécurité et Conditions de travail (CHSCT) se réunisse dans l’académie de Versailles pour mener l’enquête prévue dans les prérogatives de cette instance ?

 

L’Ecole publique doit être une enceinte protégée.

Pour cela il faut les postes statutaires nécessaires et arrêter d’en supprimer.

 

Nous avons maintes fois rappelé que le Statut général des fonctionnaires est le garant de leur indépendance. Chercher à détruire le Statut, ce n’est pas un service rendu aux personnels qui, au contraire, exigent d’être protégés et que leurs droits soient renforcés. Et pourtant, trois ans après l’assassinat de Samuel Paty, la Loi de Transformation de la Fonction publique demeure…

Nous demandons au ministère de prendre ses responsabilités en donnant le message clair que la Formation spécialisée sera convoquée dans les plus brefs délais, et que tous les moyens soient donnés pour accompagner les familles, les personnels et les élèves.

 

La FNEC FP-FO soutient tous les personnels qui décident de se réunir pour établir toutes leurs revendications en défense de l’Ecole publique et exiger l’appui inconditionnel de l’employeur lorsqu’une protection fonctionnelle est demandée.

 

Le ministre a décidé une journée d’hommage à Samuel Paty lundi prochain.  Nous demandons que la liberté pédagogique des personnels soit respectée.

Pour que de tels événements ne se reproduisent pas, il faut que tous les moyens exigés par les personnels et leurs syndicats soient donnés : c’est de la responsabilité du ministre.

La FNEC FP-FO quitte le groupe de travail sur le « harcèlement »

Le ministère avait convié le 4 octobre 2023 les organisations syndicales à un nouveau groupe de travail faisant suite à la présentation par le gouvernement de son plan de lutte contre le harcèlement dit « scolaire ».

 

Les représentants du ministre ont présenté leurs propositions :
– Des outils sont élaborés : 3 questionnaires (école, collège, lycées) qui se déclinent chacun en deux versions (une anonymisée, une nominative) mais dont les questions sont identiques…
– Le questionnaire nominatif peut être utilisé en cas de suspicion de harcèlement.
Le 9 novembre, une grande journée de sensibilisation au harcèlement est organisée dans toutes les classes (lycées, collèges et écoles à partir du CE2). Un courrier aux familles sera rédigé par le ministre. Deux heures doivent être consacrées (par l’enseignant à l’école, dans le cadre de journées banalisées au collège et lycée en mobilisant les professeurs principaux). Des « kits pédagogiques » sont proposés sur Eduscol pour organiser ces séances. Pendant ces deux heures, le questionnaire anonymisé doit être distribué et rempli par les élèves… Les enseignants ou professeurs principaux ramassent les questionnaires et engagent une démarche famille par famille,
possiblement en lien avec les informations données par la plateforme téléphonique mise à disposition des familles (3020) …
– Les informations issues de ces questionnaires doivent être remontées.
– A l’issu de cette journée et sur la base des renseignements récoltés dans les questionnaires, les enseignants et les professeurs principaux doivent organiser une restitution aux parents

 

Face à ces annonces, la totalité des organisations syndicale a vivement réagi.

Pour sa part, la FNEC FP-FO a indiqué :

« Force est de constater qu’aucune des mesures annoncées ne va dans le sens de redonner les moyens permettant à l’Éducation nationale, à la santé scolaire, à la Protection judiciaire de la Jeunesse ou à l’éducation populaire de fonctionner. Au contraire : le PLF 2024 programme 2500 nouvelles suppressions de postes d’enseignants pour l’année prochaine, après avoir supprimé 2000 postes à la rentrée 2023.

Ce dont les élèves ont besoin, ce sont des milliers de postes d’infirmières, de médecins scolaires, d’assistantes sociales, d’enseignants spécialisés, de PsyEN, de CPE, c’est le rétablissement des maîtres d’internat – surveillants d’externats, des AED avec un vrai statut et une vraie formation ! Les élèves et les parents n’ont pas besoin de plus de plateforme numérique, mais de personnels qui peuvent leur consacrer du temps. Et comme chacun le sait, le temps c’est de l’argent. L’argent a bien été trouvé pour le SNU et le PACTE ! De même, nous revendiquons la création des postes nécessaires, l’arrêt des suppressions de postes pour faire baisser significativement le nombre d’élèves par classe, ce qui serait bien plus efficace que des cours « d’empathie », ou que des « référents » chargés de « coacher » les personnels.

Or, le ministre veut former les personnels de son ministère et les placer en première ligne, c’est- à-dire les rendre responsables de la mise en œuvre du slogan « 100% prévention, 100 % détection, 100 % solution. »

La suite ci-dessous (page 2) :

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Bilan de la rentrée 2023

AVEC FO, LES PERSONNELS REFUSENT LE CHAOS DES MESURES
MACRON-ATTAL ET EXIGENT LA SATISFACTION DES REVENDICATIONS !

 

Quelques jours à peine après la reprise des cours, les grands
titres de la presse nationale dressaient le constat d’échec des
promesses présidentielles et ministérielles :

 

« Rentrée scolaire : collèges et lycées restent en proie aux pénuries d’enseignants » s’alarmaient Les Echos du 12 septembre ;

« Rentrée sans profs, la vacance de Monsieur Attal » ironisait Libération le même jour ;

« Un professeur par classe : la promesse intenable de
l’exécutif » déplorait Le Figaro…

Tandis que Le Monde constatait :
« Après sa promesse, Gabriel Attal rattrapé par le manque d’enseignants à la rentrée »…

Et Médiapart concluait « Pénuries de personnels et affectations chaotiques : le tableau noir de la rentrée » ;

Le 16 septembre, France Info révélait « Comment les parents d’élèves font face à la pénurie de professeurs : « On bouche les trous avec des exercices sur internet ».

La suite ci-dessous :

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« L’électrochoc » du ministre contre le harcèlement : suppression des postes, pression sur les personnels, police dans les établissements !

Le ministre amplifie les suppressions de postes et crée… des cours « d’empathie » !

Le gouvernement a présenté son plan de lutte contre le « harcèlement scolaire ».

 

Aucune des annonces ne va dans le sens de redonner les moyens permettant à l’Education nationale, à la santé scolaire, à la Protection Judiciaire de la Jeunesse ou à l’éducation populaire de fonctionner.

Au contraire : après avoir supprimé 2000 postes à la rentrée 2023 par son prédécesseur, le ministre Attal annonce 2500 nouvelles suppressions de postes d’enseignants pour l’année prochaine.

Ce dont les élèves ont besoin, ce sont des effectifs par classe moins chargés. Ce dont les élèves ont besoin, ce sont des milliers de postes d’infirmières, de médecins scolaires, d’assistantes sociales, d’enseignants spécialisés, de PsyEN, de CPE, c’est le rétablissement des maîtres d’internat – surveillants d’externats, des AED avec un vrai statut et une vraie formation !

A ces nécessités urgentes pour protéger les élèves et garantir de meilleures conditions d’apprentissage, le ministre répond… par la mise en place de cours « d’empathie » !

 

Les personnels ne sont pas des auxiliaires de police !

Mardi 26 septembre, deux jeunes lycéens de 16 et 17 ans, soupçonnés de harcèlement, ont été interpellés par des policiers dans leur lycée à La Roche-sur-Yon. Cette arrestation fait suite à l’interpellation d’un collégien dans sa classe, arrêté en plein cours une semaine plus tôt, dans un établissement du Val de Marne.

S’agit-il de lutte contre le harcèlement, ou bien le gouvernement cherche-t-il à terroriser les jeunes, leur signifier qu’ils peuvent être interpellés partout, y compris dans leur établissement scolaire, qui ne serait plus une enceinte protégée ?

 

Le harcèlement est un fléau, mais il n’est pas plus scolaire qu’autre chose !

 

Le ministre veut former les personnels, les placer en première ligne. Mais ils ont assez à faire avec leur mission d’instruction.

Par ailleurs, le harcèlement a une définition juridique. Si le présumé coupable est un jeune, il ne doit pas être considéré comme un « scolaire » mais relever de la protection judiciaire de la jeunesse. Ce n’est ni à l’Ecole, ni à ses personnels de régler les problèmes du harcèlement.

Pour la FNEC FP-FO, cette opération politicienne est à tout moment facteur d’explosion de l’institution scolaire. Elle doit être combattue.

 

Arrêt des interventions policières dans les établissements scolaires !
Les écoles, collèges et lycées doivent rester des lieux d’étude !
Créations de tous les postes nécessaires !