Classe prépa 2nde : attaque contre les lycées

Le décret, l’arrêté et la note de service du 16 mars 2024 organisant « la mise en place, pour l’année scolaire 2024-2025, d’une phase pilote de l’instauration d’un cycle préparatoire à la classe de seconde » ont été publiés.

 

Présentés au Conseil Supérieur de l’Education, le projet de décret avait été massivement rejeté (50 voix contre pour 3 voix pour et 1 abstention). Comme pour les autres textes du « choc des savoirs » combattus par les personnels et les parents d’élèves, la ministre Belloubet passe en force et les textes ne font que confirmer la nécessité de faire barrage au « choc des savoirs ».

A partir de la rentrée 2025, les élèves admis en seconde générale ou professionnelle qui n’auront pas obtenu le DNB devraient obligatoirement passer un an en classes prépa seconde avant de rejoindre leur affectation en seconde générale ou professionnelle.

Pour la rentrée 2024, seuls les élèves volontaires seront affectés dans le lycée du département qui sera désigné par le recteur pour ouvrir une classe préparatoire à la seconde.

Aucun programme, aucun contenu disciplinaire. C’est la déréglementation, la territorialisation et le déni de l’instruction !

 

La note de service prévoit ainsi que 20 heures hebdomadaires seront consacrées à des « enseignements disciplinaires » et 7 heures au «renforcement des méthodes de travail ou à la découverte des métiers».

 

Le ministère a été contraint de préciser le volume horaire par discipline, mais a laissé les 7 heures « d’enseignements méthodologiques et préparatoires à la suite du parcours ». Il s’agit de « confirmer ou mieux définir le projet d’orientation par des présentations sur les formations ou les métiers et des opportunités de rencontres avec le monde professionnel. » Par qui seront assurées ces heures ?

Les enseignants, désignés sur ces classes, se verront imposer de participer à la mise en place d’une « démarche de projet.

« l’équipe pédagogique met en oeuvre une pédagogie spécifique à la classe et conçue collectivement à l’échelle de l’établissement ». « Les projets s’inscrivent dans une ou des thématiques définies par le chef d’établissement et les équipes pédagogiques tout en s’adaptant aux besoins des élèves. »

Les élèves seront évalués uniquement pour « valoriser les points forts ». Une attestation de fin de cycle préparatoire à la classe de seconde sera remise à chaque élève comprenant 3 catégories : « les progrès, les projets suivis et l’implication, l’assiduité ».

Les enseignants de lycée sont déjà pressurisés par les réformes successives, par la réforme du lycée, du baccalauréat Blanquer et de la voie professionnelle, par la mise en place rejetée des stages d’observation en milieu professionnel et du SNU, les PLP sont menacés par un plan social et il faudrait ajouter ce nouveau dispositif?

 

Aucune liberté pédagogique, mise en place et participation obligatoires à des projets, contenu des « enseignements » fixés avec le chef d’établissement, des réunions à n’en plus finir… C’est inacceptable pour les enseignants et le projet ne permettra pas aux élèves de préparer une bonne scolarité au lycée.

Pour les élèves qui n’auront pas obtenu le brevet, dont actuellement 45 000 sont orientés vers la voie professionnelle, seule solution pour échapper à la case « prépa seconde » : s’inscrire en CAP ou, on l’aurait parié, s’orienter vers l’apprentissage. Cette réforme va contribuer à fragiliser la voie professionnelle tout comme la réforme Macron-Grandjean dont la FNEC FP-FO exige le retrait.

Dans la logique de la réforme de la voie professionnelle, des stages en entreprises en fin de 2nde et de la généralisation du Service National Universel, il s’agit pour le gouvernement d’éjecter des millions d’élèves de l’Ecole publique. Il s’agit de leur barrer l’accès à l’instruction et à des qualifications.

 

Le SNFOLC 35 appelle à la grève dans sa reconduction

jusqu’à l’abrogation des textes sur le « choc des savoirs » !

Pour un choc des moyens et des salaires !

Choc des savoirs ou la liquidation de nos statuts : recrutement de PE et de retraités !

Confronté à une résistance acharnée des personnels et des parents d’élèves, en Seine-Saint-Denis et ailleurs, le gouvernement, seul contre tous, a publié le décret et la note de service relatifs à la mise en place des groupes de niveau en mathématiques et en français au collège.

 

C’est dans cette situation que le Directeur Général des Ressources Humaines du ministère s’est adressé aux recteurs le 28 mars dans le cadre de la préparation de la rentrée 2024.

Rentrée 2024 : moins de postes, moins de listes complémentaires, plus de contractuels !

Le ministère indique d’emblée son inquiétude :

« La forte tension sur la ressource enseignante que nous connaissons appelle un travail de préparation rigoureux en vue de la rentrée 2024 afin de disposer du nombre de personnels suffisant dès le jour de la rentrée ».

Mais qui est responsable de cette « tension » annoncée sinon les gouvernements Macron qui ont successivement supprimés 7900 postes dans le 2nd degré lors du premier quinquennat, 2000 postes à la rentrée 2023 et encore 650 postes dans le 1er degré à la rentrée 2024 ?

 

Pour faire face au désastre annoncé, le ministère n’envisage aucune création de postes supplémentaires, ni même un recours accru aux listes complémentaires, au contraire :

« Si les exercices 2022 et 2023 ont permis une très large mobilisation des listes complémentaires, l’exercice 2024 pourrait s’avérer plus tendu en raison des contraintes qui pèsent sur le schéma d’emploi de certaines académies. »

Seule option envisagée par le ministère, un recours accru aux contractuels :

« En plus de la fidélisation des contractuels existants, de nouveaux contractuels devront être recrutés. » 

Choc des savoirs : des « solutions innovantes » pour liquider nos statuts et avancer vers le corps unique ! 

Mais la rentrée 2024 est placée pour le ministère sous le signe de la mise en place des groupes de niveau, massivement rejetés par les personnels et les parents d’élèves.

 

Et si ces groupes de niveau en mathématiques et en français vont engendrer un véritable tri social ainsi qu’une désorganisation totale du fonctionnement des collèges, ils vont également être l’occasion pour le ministère, au travers de « solutions innovantes », d’avancer vers la mise en œuvre d’autres objectifs… Jugez vous-mêmes !

« Afin d’accompagner les académies dans la recherche d’enseignants dans ces deux disciplines, une campagne complémentaire de détachement du corps de professeur des écoles vers le corps des professeurs certifiés est organisée par la DGRH début avril.

Les académies auront la possibilité de réaliser une campagne de communication et de recrutement de professeurs des écoles volontaires pour un détachement dans les deux disciplines ciblées en direction :
– des professeurs des écoles issus des départements de leur académie. La DGRH établira les arrêtés de détachement des professeurs des écoles retenus par les académies. Afin de compenser ces départs dans le premier degré, des recrutements supplémentaires pourront être effectués sur liste complémentaire ;

– des professeurs des écoles actuellement en disponibilité pour convenance personnelle, notamment pour rapprochement de conjoint, qui pourraient rejoindre leur académie de préférence via un détachement dans le corps des professeurs certifiés. »

Ainsi, en faisant appel – pour l’instant – aux professeurs des écoles volontaires et en s’appuyant sur les résultats catastrophiques des mutations interdépartementales dans le 1er degré, le ministère entend procéder à un recrutement massif d’enseignants du 1er degré au collège !

 

Mais le ministre a d’autres « solutions innovantes » comme :

– le recours aux professeurs retraités :

« Un peu plus de 1 000 enseignants de lettres et de mathématiques sont partis à la retraite au cours de la précédente année scolaire, sur l’ensemble du territoire. Afin de mobiliser ce vivier  habituellement peu enclin à se réinvestir, les académies pourront leur proposer un temps d’intervention limité dans le temps, mais assorti d’une rémunération attractive »

– le recrutement de « professeurs associés » non diplômés :

« Les professeurs associés sont recrutés par le recteur sur proposition des chefs d’établissement sans condition de diplôme, notamment pour les disciplines professionnelles dont le domaine d’activité est rare. Un modèle de contrat élaboré par la DGRH est à la disposition des académies. Leur recrutement est possible pour une durée de trois ans renouvelable une fois. Les directeurs opérationnels des campus des métiers et des qualifications et les chefs des bureaux des entreprises peuvent être sollicités sur les besoins de recrutement. » 

Ainsi, la mise en place du « choc des savoirs » et des groupes de niveau n’est pas seulement un tri social, c’est aussi le prétexte pour détruire les statuts des enseignants et avancer vers la mise en place d’un corps unique !

 

AG partout le 2 avril pour discuter de la reconduction de la grève ! 

Ce courrier du ministère aux recteurs ne fait que conforter la FNEC FP-FO dans sa revendication de retrait des mesures du « choc des savoirs » et d’abrogation du décret du 17 mars et de la note de service du 18 mars qui les mettent en œuvre.

Dans cette situation, la FNEC FP-FO appelle les personnels, et dès mardi 2 avril à amplifier la tenue d’assemblée générale dans les établissements, les communes, les secteurs, avec les parents d’élèves, et de discuter des moyens efficaces de faire reculer ce gouvernement isolé et provocateur, notamment par la reconduction immédiate de la grève

Professeurs contractuels : renouvellement de vos fonctions pour la rentrée 2024

Conseil : pour que ce renouvellement se passe au mieux, pensez à créer et conserver avec vous un document unique que vous compléterez vous-même tout au long de votre carrière en tant que contractuel de l’Éducation Nationale.

Pour chacune de vos affectations, notez :

  • établissement d’exercice
  • date d’entrée et de sortie
  • type de contrat (contractuel, vacataire pour ceux qui ont commencé quand les vacations existaient encore, …)
  • nombre d’heures figurant sur le contrat
  • nombre d’heures effectives (comprenant les éventuelles heures supplémentaires)
  • éventuelles remarques.
  •  

 

Circulaire académique consultable ici.

Demande de renouvellement et saisie des vœux par les agents

1. du 5 février 2024 au 16 février 2024 : connexion sur le site internet LILMAC (https://bv.ac-rennes.fr/lilmac/).

    • se connecter
    • formuler votre demande de renouvellement de candidature
    • indiquer vos vœux géographiques

2. du 21 février 2024 au 11 mars 2024 : à l’issue de la période de saisie des vœux, vous devrez valider les informations de votre dossier numérique.

Le lien vers l’application Oriant se trouvera dans votre espace personnel sur le portail TOUTATICE (Mes applications / En ligne / ARENA / Gestion des Personnels / Oriant

    • consulter votre dossier
    • ET
    • valider votre dossier

    • Vérifiez toutes les informations portées sur ce dossier et en particulier vos états de service. Complétez-les le cas échéant (ajouts de pièces justificatives).

Attention : cette phase de validation est obligatoire !

Si vous l’avez manquée, contactez immédiatement la DPE 6.

Adresse DPE 6 : ce.dpe-b6@ac-rennes.fr

 

3. du 12 mars 2024 au 22 mars 2024 :  Une fois le dossier validé, le chef d’Établissement portera un avis qui pourra être consulté sur Oriant.

Attention : rien n’est prévu pour garder une trace des AVIS DU CHEF D’ÉTABLISSEMENT ET DE L’INSPECTEUR.
Pensez à faire des copies d’écran de chacun de ces avis.
Après le 15 juin, ils ne seront plus consultables !

 

4. A partir du jeudi 28 mars 2024 :  vous pouvez consulter sur ORIANT l’avis de votre chef d’établissement ainsi que la grille d’évaluation qui l’accompagne;

Si vous avez été inspecté, il doit également y avoir l’avis de l’IPR.

 

5. Recours gracieux si avis défavorable

Dans le cas d’un avis défavorable, ou bien si vous jugez l’avis non conforme, vous pouvez formuler un recours gracieux et demander la  révision de cet avis défavorable au renouvellement de votre contrat.

Ce recours est à adresser au recteur sous couvert du chef d’établissement, à faire le plus rapidement possible.

Le 26 février : pas de rentrée dans le 93 contre le choc des savoirs !

Depuis le 26 février, les personnels du 93 sont mobilisés pour exprimer leur refus du choc des savoirs, des DHG et des conditions de rentrée 2024 qui leur sont imposées et qui dégradent effroyablement les conditions d’enseignements : « pas de rentrée dans le 93 ! »

Grève dans la reconduction dans certains établissements, grève perlée dans d’autres, ailleurs collèges et lycées morts (et donc avec la solidarité des parents)…

 

Le Rectorat de Versailles a été bloque mardi 5 mars. Les personnels mobilisés ont ainsi obtenu une audience avec le recteur pour porter leurs revendications.

Dans un communiqué, ils expliquent :

« Nous sommes une trentaine de professeurs des lycées, collèges, et écoles de Garges, Sarcelles, Gonesse en grève et à occuper le rectorat de Versailles depuis 7h ce matin. Nous exigeons de rencontrer le recteur de l’académie, Monsieur Étienne Champion, pour obtenir entre autres une diminution du nombre d’élèves par classe, un pôle médico-social renforcé, de véritables moyens pour l’école inclusive. Jusqu’à maintenant le recteur refuse de nous rencontrer, accentuant le mépris latent envers les personnels d’éducation, les élèves et les parents d’élèves. Nous vous attendons nombreux·euses au rectorat de Versailles pour nous soutenir et exiger du recteur de venir nous voir ! »

La grève est lancée !

Lors de l’assemblée départementale du jeudi 29 février dernier, c’est « une mobilisation sans précédent » qui a continué à marquer la vie des collèges et lycées en fin de semaine dernière. Avec des taux de grévistes importants, comme à Braque-Neuilly-sur-Marne (70%), à Rolland-Tremblay (70 à 75%), à Clément-Dugny (60%). A nouveau 66% de grévistes comptabilisés à Anspach-Montreuil, quand dans des collèges comme Kalthoum-Montreuil (17 collègues en grève le 29 février) ou Jaurès-Montreuil (16 collègues sur 20 attendus à 8h), la grève est lancée.

Dans de nombreux endroits, des initiatives type « piquets de grève » ou « collèges morts » se sont organisées en début de semaine avec les parents, extrêmement inquiets pour l’avenir de leurs enfants.

Jeudi 7 mars : c’est une grève massive dans le 93, en intersyndicale départementale FO, CGT, SUD, FSU, CNT.

 

Ils ont raison !

A l’image de ce qui se fait dans le 93, la rentrée se fera-t-elle dans le 35 lundi  11 mars prochain ?

 

Le SNFOLC 35 a pris contact avec l’intersyndicale d’Ille-et-Vilaine pour en discuter.

Communiqué du SNFOLC 93 :

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Article Café pédagogique sur la mobilisation du 93 :

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