Conférence de presse de rentrée le 2 septembre 2022 : saccage organisé d’une rentrée

 

 

« On aurait pu espérer une rentrée sereine avec la fin des contraintes sanitaires, mais c’est tout le contraire », estiment les représentants FO de l’éducation en Ille-et-Vilaine. « Si nos politiques ne sortent pas de cette logique de coupes sombres qui épuisent tous les personnels, il faut s’attendre à une vague de colère terrible, beaucoup de collègues sont à genoux », prévient Justine Marti, élue FO pour le second degré.

La liste des griefs est longue. À commencer par des « instits » remplaçants « sans affectation à deux jours de la rentrée alors que d’habitude ils sont fixés autour du 20 juillet », dénonce Mickaël Bézard, représentant le premier degré. Il cite aussi les 1 200 places au concours de l’INSPE (Institut national supérieur du professorat et de l’éducation) non pourvues au plan national, les demandes de mutations non acceptées pour la Bretagne. Alors que les besoins existent : « Il manque une centaine d’enseignants dans les écoles d’Ille-et-Vilaine ».

La carte scolaire et ses ouvertures et fermetures de classes conditionnelles sera ajustée, dans les prochains jours, au regard des effectifs constatés le jour de la rentrée. « Or on redoute de nouvelles fermetures en élémentaire à Saint-Gilles, à Bruz (Vert-Buisson), à Saint-Malo (la Nation) et en maternelle à Breteil, aux Gantelles à Rennes. »

Des élèves sans professeur

Dans le second degré, la liste des postes non pourvus ressemble à un inventaire à la Prévert :

« Un prof d’anglais au lycée Bertrand d’Argentré à Vitré ; un autre au collège de la Guerche qui souffre aussi du manque de psychologue et d’infirmière ; au collège du Rheu, des absents en arts plastiques, en technologie et en français ; au collège des Chalais à Rennes, classé en zone d’éducation prioritaire (REP), il manque un professeur d’anglais, une AESH (aide aux enfants en situation de handicap) et un médecin scolaire. »

Justine Marti dénonce aussi « les classes à 35 élèves au lycée Anita-Conti à Bruz, plus de 30 au collège Beaumont à Redon ». Sans parler des très précaires « AESH payés 700 € par mois, qui finissent par jeter l’éponge, sans pouvoir prétendre au chômage. Une cinquantaine ont démissionné cet été. »

Pour Fabrice Lerestif, tout ceci contribue à « créer le chaos et à mettre tout le monde sous tension, en clair on organise la désorganisation » de l’école, fondement de la démocratie et de la République. Le secrétaire de l’UD 35 cite Victor Hugo : « Ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons ! »

 

Lien vers l’article dans Ouest-France : c’est ici.