Déclaration de FO lors du CDEN du 13 novembre 2018

Cette déclaration liminaire a été lue par Force ouvrière (syndicat FNEC-FP-FO) lors du CDEN du mardi 13 novembre 2018 pour rappeler les coupes budgétaires qui ont accompagné la rentrée 2018-2019  :

  • la nouvelle carte scolaire qui touche de nombreux collèges rennais et les aberrations qu’elle implique
  • le projet de fermeture du site Malifeu (collège Rosa Parks)
  • l’abandon qui est fait du centre médical Rey-Leroux
  • le non-remplacement des agents travaillant dans les collèges
  • les différentes réformes qui touchent les lycées généraux, technologiques et professionnels, sans oublier Parcoursup…

Suite à cette lecture, FO a affirmé son refus de siéger à ce CDEN, estimant que les conditions n’étaient pas réunies pour entamer un véritable dialogue avec les instances.

Précisons qu’une proposition de boycott du CDEN avait été lancée par FO auprès des autres organisations syndicales siégant en CDEN. Aucune réponse n’a, à ce jour encore, été exprimée par aucun syndicat sollicité.

 

 

 

Monsieur le Secrétaire Général de la Préfecture,
Monsieur le Directeur Académique,
Monsieur le Vice-président du Conseil Général,
Mesdames et Messieurs les membre du CDEN,

 

Nous sommes réunis aujourd’hui mardi 13 novembre pour participer au premier Comité Départemental de l’Éducation Nationale 2018-2019 qui abordera notamment le bilan de la rentrée 2018 pour les 1er et 2nd degrés.

Les services de l’Éducation Nationale nous feront alors remarquer combien cette rentrée scolaire 2018-2019 s’avère techniquement réussie. Mais ce serait oublié le contexte de pénurie générale qui frappe notre service public d’éducation : car des coupes budgétaires et des cures d’amincissement, nous en voyons tous les jours à l’œuvre ou en chantier de construction.

Nous avions alerté sur les dangers que constituait la nouvelle carte scolaire qui touche un certain nombre de collèges de la ville de Rennes depuis le mois de septembre. Rappelons que cette nouvelle sectorisation a été mise en place à marche forcée, sans concertation, malgré les contestations des enseignants, des parents d’élèves, des associations de citoyens, de la FCPE et de certaines organisations syndicales.
 Car cette sectorisation pose de nombreux problèmes, que l’on ne peut nier : temps de trajet des élèves, changements brutaux d’effectifs dans certains collèges, surcharge à venir dans d’autres, fermeture du site scolaire Malifeu à Rosa Parks. Cette fermeture (qui revient purement et simplement à fermer un nouveau collège dans le département) conduira à entasser 550 élèves sur un seul site alors que nous connaissons les difficultés d’enseignement qui existent déjà dans cet établissement classé REP. Si la violence est déjà présente dans les locaux de Montbarrot et Malifeu, qu’en sera-t-il l’année prochaine ? Déconvenue supplémentaire pour ces enseignants. Alors qu’on leur avait promis une carte scolaire structurée et organisée, ils se retrouvent face à des incohérences manifestes : jusqu’à onze écoles d’origine dans une même classe de sixième, des élèves envoyés dans des établissements n’appartenant pas au fameux secteur multi-collèges… Peut-on encore parler de carte scolaire lorsque l’exception devient la règle ?
Qu’il s’agisse du remplissage des établissements (dût-on en passer par la dislocation de la carte scolaire), de la rentabilisation des cantines scolaires, de la location d’un site, ou de la fermeture du collège Montbarrot, il ne s’agit-là, sous couvert de mixité sociale, que d’économies et de coupes budgétaires.

Autre procédé efficace en matière d’austérité : le centre médical Rey-Leroux. Lors du CTSD de juin dernier les représentants des personnels ont été informés de la dénonciation de la convention qui liait jusqu’à présent les services départementaux de l’Education nationale à ceux de l’Agence Régionale de la Santé en matière d’organisation de l’enseignement destiné aux élèves hospitalisés au Centre Rey-Leroux à la Bouexière.
Force ouvrière avait fait part de son opposition à cette décision.
Les informations qui nous sont parvenues de Rey-Leroux font état de grandes difficultés pour les collègues : les informations sur les supports pédagogiques (Monsieur l’IEN de la circonscription a évoqué verbalement, mais ne l’a jamais fait par écrit, la possibilité d’un recours au matériel du CNED) ont été démenties au bout d’un mois. Les professeurs ont eu à faire face à la problématique de la classe à niveau multiple et l’ont découverte au mieux le jour de la prérentrée ; ce n’est que le 1er octobre que Monsieur l’IEN a proposé des pistes d’aide (contact de conseillers pédagogiques ASH) qui ne s’avèrent pas véritablement adaptées.
En outre, les affectations effectuées par la DPE l’ont été sur la base de compléments de service dont plusieurs font intervenir les collègues ailleurs qu’au collège Martin Luther King de Liffré, certains sur trois établissements. Même si l’organisation retenue était destinée à assurer une période de transition, les personnels enseignants ont le sentiment d’être abandonnés en rase campagne.
Les personnels de la structure hospitalière s’organisent pour que cet établissement, qui pourrait effectuer un travail de qualité, soit pérennisé, il serait, du point de vue de la FNEC-FP-FO, de bonne méthode de ne pas hâter la fermeture de Rey-Leroux.

Mais n’oublions pas qu’une rentrée scolaire se fait correctement si tous les personnels des établissements marchent ensemble et œuvrent au mieux, chacun dans leurs services. Que dire quand une cantine fonctionne au ralenti ? Que dire quand les salles de classe ne sont pas nettoyées comme elles l’auraient dû ? Que dire quand les grilles du collège ne s’ouvrent pas en temps et en heure car l’agent d’accueil n’est pas remplacé depuis plus de quatre semaines ? Car c’est la situation vécue dans plusieurs collèges du département. Dans nombre d’entre eux, un agent, parfois deux, voire trois, sont absents pour des raisons médicales sérieuses depuis plusieurs semaines, et ne sont pas remplacés ! La charge de travail qui incombe alors aux collègues en place est exténuante et conduit bien souvent à de nouveaux arrêts de travail. Cette situation est inacceptable, comme l’ont prouvé les différentes grèves menées par les agents dans le département. Il devient urgent que le Conseil départemental prenne au sérieux les revendications de ses personnels, en cessant de privilégier les restrictions budgétaires sur le bien-être des salariés et sur les conditions de rentrée des élèves du département.

Enfin, nous ne pouvons parler d’austérité et de coupes budgétaires sans évoquer les différentes réformes qui se discutent aujourd’hui dans les couloirs de l’Éducation Nationale : dans les lycées généraux et technologiques, la réforme de notre Ministre M. Blanquer implique la baisse des horaires d’enseignement, la hausse des effectifs, une mise en concurrence des lycées, et une organisation du baccalauréat plus complexe, baccalauréat qui ne sera plus national. Dans les lycées professionnels, la réforme, qui constitue une attaque sans précédent contre le statut des PLP, conduit à une présence accrue du privé dans l’enseignement professionnel, à une réduction du Bac-Pro à deux ans, à une mixité des parcours et des publics qui permet le remplissage des classes, à une réduction importante des heures et à des suppressions de postes.
Comment dire que la rentrée 2018-2019 s’avère réussie et positive quand le baccalauréat ne constitue plus le premier grade universitaire, que les élèves sont sélectionnés après l’obtention de leur diplôme, et que Parcoursup a écarté du système scolaire plusieurs milliers d’élèves tandis que d’autres se trouvent inscrits dans des filières qui ne les intéressent pas qu’ils ont cochées, contraints et forcés, pour ne pas rester sur le carreau en septembre 2018 ?

Pour Force Ouvrière, il est hors de question de laisser faire.

Ce CDEN se tient donc dans un contexte budgétaire et d’attaques contre les statuts et les personnels qui rend vaines les discussions avec les représentants d’un gouvernement sourd à toutes les revendications.

Pour toutes ces raisons, la FNEC-FP-FO refuse de siéger et quitte ce CDEN.

Appel du collectif du 35 contre les Réformes Blanquer

Ce collectif réunit des personnels, des professeurs, des lycéens, des étudiants, des parents d’élèves d’Ille-et-Vilaine contre les réformes Blanquer, réformes touchant les lycées d’enseignement général, technologique et professionnel, contre la réforme du Bac, et contre Parcoursup.

Ce collectif, soutenu par plusieurs organisations syndicales – dont Force ouvrière,  a vocation à s’étendre au maximum de personnes et d’établissements, et fonctionne sur le principe d’une assemblée générale.

La première assemblée générale s’était réunie le mercredi 17 octobre au lycée de Combourg : une quarantaine de personnes y avaient participé. La deuxième, qui s’est tenue à Rennes le lundi 12 novembre dernier, a réuni cette fois 170 personnes.

Soutenons-les pour demander l’abrogation des réformes Blanquer et Parcoursup !

 

CONSULTEZ LEUR BLOG POUR ÊTRE INFORMÉS DE LEURS ACTIONS :
collectifcrbp35.blogspot.com

REJOIGNEZ LEUR LISTE DE DIFFUSION
en les contactant à l’adresse mail suivante :
collectifCRBP@gmail.com

Réforme de la voie professionnelle : un « chef d’œuvre »…de destruction !

Le Ministre de l’Éducation Nationale a présenté le 28 mai 2018 des orientations pour « transformer le lycée professionnel ».

Après la réforme du BAC et la loi ORE, cette réforme de la voie professionnelle, impulsée par l’UIMM (Union des Industries et Métiers de la Métallurgie – l’une des plus puissantes branches professionnelles et membre du MEDEF), s’inscrit dans une logique d’austérité du gouvernement.

Cette réforme vise à :

  • supprimer des milliers de postes de PLP ;
  • détruire la voie professionnelle sous statut scolaire ;
  • détruire le statut des PLP.

 

Des campus qui renforcent la présence du privé dans l’enseignement professionnel

La réforme de la voie professionnelle prend appui sur le développement des « Campus des métiers ».

Ces derniers regrouperont : des infrastructures culturelles et sportives, un internat, des établissements d’enseignement secondaire et supérieur (publics et privés) accueillant des jeunes du CAP à la licence professionnelle (et même jusqu’au doctorat), des centres techniques et de recherche, des organismes de formation (centre de formation d’apprentis, organismes de formation continue, Greta…), des entreprises partenaires, des FabLabs, des incubateurs et pépinières d’entreprises, un réseau d’établissements associés (publics et privés) proposant des formations à proximité du campus…

De ce fait, par la création de ces campus, le secteur privé prend un poids inédit dans l’enseignement professionnel.

A titre d’exemple : le 20 avril 2018, les collègues de Construction mécanique et de Chaudronnerie-Métallerie (Formations initiale et continue confondues) de l’académie ont été convoqués par leur inspecteur à une journée d’information sur les nouveaux programmes. Réunion en présence des DDFPT et de quelques chefs d’entreprises bretonnes durant laquelle les participants ont eu droit à une heure de visio-conférence avec la représentante du SNTC (Syndicat de la Chaudronnerie, de la Tuyauterie et de la Maintenance Industrielle), syndicat qui regroupe 147 entreprises importantes (Engie filiale d’Areva pour ne citer qu’elle). Enjouée et sans langue de bois, la représentante a annoncé que son syndicat, avec le soutien du Ministère de l’Education Nationale, avait concocté ces nouveaux programmes pour servir au mieux les intérêts de ces entreprises… Cerise sur le gâteau, ce syndicat patronal touche de la TA (Taxe d’Apprentissage) au nom de leur « mission de promotion des métiers » : en clair il reprend une partie de ce qu’il a dû verser !

Une seconde indifférenciée qui réduit le Bac-Pro à 2 ans

La réforme s’appuie également sur une Seconde de détermination. Sous couvert d’une orientation plus progressive, J.M. Blanquer crée une classe de seconde pro de détermination, organisée autour de « familles de métiers » présentant des compétences professionnelles dites « communes » à différentes spécialités du Bac-Pro.

Une quinzaine de familles sera proposée (métiers de l’aéronautique, métiers de la réalisation de produits mécaniques, métiers du numérique et de la transition énergétique, métiers du bois, etc…).

Cette seconde de détermination pose plusieurs problèmes :

  • Elle va réduire à 2 ans la formation à un métier. Rappelons que cette réforme fait déjà suite à la désastreuse réforme du Bac-Pro 3 ans (au lieu de 4 ans : 2 ans BEP + 2 ans Bac pro). Ce Bac-Pro 3 ans avait été responsable de la suppression d’1/4 des postes en LP.
  • Elle force les établissements qui ne disposeront pas de familles complètes à travailler en réseaux, avec toutes les complications logistiques que cela impliquera. Cette mise en réseau pourra d’ailleurs s’appliquer entre deux lycées, l’un public et l’autre privé.
  • Elle conduit à la disparition de Bacs Pros plus rares, qui ne s’inscrivent pas dans les familles créées.
  • Elle repose sur la fusion de certains Bacs Pros, et conduit ainsi la disparition de certaines spécialités.

A titre d’exemple : le ministère envisage un plan de reconversion forcée des PLP Eco-Gestion en Professeurs de Technologie, en Professeurs des Ecoles ou encore dans des fonctions administratives.

Une attaque portée contre le statut des PLP et la transformation des LP

Cette réforme s’inscrit dans le projet de loi « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel », qui a pour objectif de transformer les LP en centres d’apprentissages, en y créant des unités de formation par apprentissage.

Il s’agit aussi, à moyen terme, de détruire le statut des PLP et de placer la voie professionnelle sous la coupe du patronat qui pourra décider des Référentiels d’Activités Professionnels, et créer de simples blocs de compétences locaux en lieu et place de diplômes nationaux. 

Mixité des publics et mixité des parcours

La mixité des publics (induite dans la mixité des parcours envisagée par la réforme) conduira à avoir dans une même structure classe des élèves relevant de la formation initiale et de la formation continue.

Cette nouvelle gouverne implique aussi qu’un élève en formation continue ou initiale puisse changer de statut scolaire en cours d’année scolaire ou de cycle.

Concrètement, pour les élèves, cela signifie se retrouver dans une classe sans continuité pédagogique puisque l’effectif sera fluctuant ; mais aussi se retrouver pour des élèves de 15 ans avec des « élèves » rémunérés pouvant avoir jusqu’à 30 ans puisque la loi permettrait l’apprentissage jusqu’à cet âge !

Pour les enseignants, il leur faudra gérer un public différencié qui n’aura ni les mêmes objectifs professionnels, ni les mêmes contraintes, ni les mêmes horaires, et qui intégreront ou quitteront la classe au gré des décisions des employeurs qui pourront dorénavant se débarrasser plus facilement de leurs apprentis !

Cela sera tout simplement anti-pédagogique pour les apprenants et ingérable pour les enseignants ! Il est évident que cette réforme aura des conséquences catastrophiques sur les conditions d’exercice de l’enseignant.

Car il faut rappeler que depuis le décret du 20 août 2014, en cas de complément de service, il faut l’accord du professeur de LP pour qu’il accepte d’enseigner dans une formation qui ne soit pas initiale. Or, l’apprentissage fait partie de la formation initiale, et, dans ce cas, l’accord des personnels n’est donc pas nécessaire. Un enseignant en sous-service ne pourrait donc pas refuser d’intervenir dans des CFA ou pour le GRETA pour compléter son service et tout cela à titre gratuit …

Réduction des heures et suppression de postes

Malgré l’avis défavorable du CSE (Conseil Supérieur de l’Education) le 10 octobre dernier, le ministère prévoit la mise en place d’une seule grille horaire pour les niveaux IV (Bac Pro) et V (CAP /BEP/ CFPA), ce qui annonce une perte considérable d’heures  et de postes dans les LP.

Sur un cycle de 3 ans, en heures profs :

  • perte de 60 heures en enseignement professionnel (co-intervention) ;
  • perte de 276 heures en enseignements généraux ;
  • perte de 152 heures en enseignements généraux liés à la spécialité.

Cette baisse des horaires est inacceptable. Elle ne vise qu’à supprimer des postes, et faire ainsi des coupes drastiques dans le budget de l’Éducation nationale, comme cela a été fait dans toutes les- dernières contre-réformes qui ont touché le secondaire (actuelle réforme du lycée général et technologique et réforme du collège de 2016).

Ces baisses des horaires et les suppressions de postes qui en découleront s’accompagneront d’une charge de travail accrue pour les enseignants (ceux qui resteront !), avec notamment la mise en place de la co-intervention, de l’AP ou du « chef d’œuvre ». Autant d’heures d’enseignement perdues pour un diplôme dévalorisé.

Pour toutes ces raisons…

Le SNFOLC de l’Académie de Rennes refuse…

  •  le mixage des parcours et le mixage des publics (formation initiale / formation continue) au sein d’une même classe ;
  •  la baisse des horaires disciplinaires ;
  •  le principe de « co-intervention » en enseignement professionnel, en Lettres et en Maths/Sciences, ainsi que les heures fléchées pour la consolidation de l’AP et de préparation à l’orientation. Ces deux dispositifs sont synonymes de destruction de l’enseignement  disciplinaire et de nouvelles pertes horaires ;
  • la mise en place de 2ndes « à famille de métiers » qui visent à faire des classes de 2nde Bac-Pro des classes préparatoires à l’apprentissage et donc à transformer l’actuel Bac-Pro en Bac-Pro 2 ans. L’examen s’en trouverait une nouvelle fois fortement dévalorisé ;
  • le mixage des temps de formation en CAP qui regrouperait des élèves de CAP en 1, 2 ou 3 ans dans une même classe, mixage dont l’objectif est de supprimer des heures disciplinaires donc des postes de professeurs ;
  • toute forme d’annualisation des services des PLP.

Le SNFOLC de l’Académie de Rennes revendique…

  • Le retour au Bac Pro 4 ans et aux grilles horaires qui y correspondaient (grilles antérieures à celle du Bac-Pro 3 ans généralisé en 2009) ;
  • Le retour à des dédoublements systématiques à compter du 25ème élève en bac pro ;
  • Le maintien du statut des PLP ;
  • L’abrogation de la réforme de la voie professionnelle.

Le SNFOLC de l’Académie de Rennes apporte tout son soutien aux personnels des établissements qui luttent contre la mise en place de l’expérimentation d’intégration d’apprentis dans les classes d’élèves sous statut scolaire.

Il appelle les Professeurs de Lycée et de Lycée Professionnel à se réunir au plus vite en heures d’information syndicale dans tous les établissements du département pour s’organiser et empêcher la mise en place de la réforme de la voie professionnelle.

Car plus que tout, il est temps de résister, revendiquer et reconquérir.